Bilan

Dan Gilbert, le milliardaire qui veut ressusciter Detroit

Placée en faillite voici quelques mois, la ville de Detroit pourrait bénéficier de l'arrivée d'un sauveur. Dan Gilbert, milliardaire originaire de la ville, a déjà dépensé 1,3 milliard pour racheter et redynamiser la cité.
  • Via ses sociétés, Dan Gilbert rachète des immeubles et des quartiers entiers à Detroit.

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  • Classé 126e fortune des USA, Dan Gilbert aurait dépensé 1,3 milliard de dollars en 36 mois pour racheter des propriétés foncières et immobilières au centre de Detroit.

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Plus d'1,3 milliard de dollars investis en trois ans dans l'immobilier. Et le tout das une même ville. Pourtant, le milliardaire américain Dan Gilbert n'a pas fait main basse sur le front de mer de Santa Monica ou sur les gratte-ciel de New York. Non, ce richissime homme d'affaires de 51 ans rachète, parcelle après pâté de maison, depuis trois ans, le centre-ville de Detroit. En 36 mois, le quart de la surface du centre-ville est passé entre les mains de celui que Forbes classe à la 126e place des fortunes américaines, avec pas moins de trente biens acquis.

Dan Gilbert ne fait pas de folies financières pour autant: le patron de Rock Ventures et de Quicken Loans attend que les prix des biens chutent et soient au plus bas pour les racheter à moindres frais. Ensuite, il finance des travaux de réhabilitation et les loue à des entreprises. Mais il ne se contente pas de cette action sur les biens fonciers privés: il veut également redonner confiance aux acteurs de la vie économique et commerciale. Or, l'insécurité galopante et l'inadaptation des espaces publics figuraient parmi les principaux handicaps de Detroit ces dernières années. D'où une population passée de 1,8 million à 700'000 habitants.

Vidéosurveillance, agents de sécurité et création de places

Pour remédier à cela, Dan Gilbert a pris des mesures surprenantes. Pour la sécurité, il a fait installer un vaste réseau de caméras pour la vidéosurveillance et finance également des agents de sécurité dans tous les secteurs rachetés. Pour l'attractivité, il a procédé à des restructurations urbaines, détruisants certains bâtiments pour créer des places sur le modèle des villes européennes. C'est sur ces places qu'il espère voir fleurir une vie commerciale et des restaurants, bars, clubs et lieux de vie très prochainement. «Les infrastructures d'eau, d'électricité sont en place. Si l'on libère ces terrains des ruines, que l'on réinstalle des écoles, un commissariat de police et que l'on reconstruit des maisons, on peut y arriver. Dans cinq à sept ans, la ville aura changé complètement. Je le sens!», promet Dan Gilbert.

Si Dan Gilbert en est aussi sûr, c'est qu'il dispose d'un autre levier que ses fonds propres: dans le cadre de la politique de redynamisation du tissu urbain, la municipalité de Detroit a mis sur pied un programme doté de plusieurs dizaines de millions de dollars piloté par un comité au sein duquel siège un certain... Dan Gilbert. Objectif de ce programme: inciter la population à s'installer dans les quartiers à fort potentiel de développement, raser les ruines des immeubles et usines abandonnés, et chercher des investisseurs prêts à s'impliquer dans la relance de celle qui fut autrefois la capitale mondiale de l'automobile.

Motivations personnelles d'un philanthrope

Avec ses 3,9 milliards de dollars de fortune (selon Forbes), Dan Gilbert pourrait servir d'exemples pour de nombreux investisseurs. Lui affirme que «(son) objectif est de construire quelque chose, pas de gagner de l'argent». Et de mettre en avant ses souvenirs d'enfance dans une ville qui vibrait au rythme des chaînes de montage de General Motors, Ford et Chrysler. L'homme est d'ailleurs réputé pour ses penchants philanthropiques: financement de recherche médicale à Washington DC, Cleveland et Tel Aviv, participation active à des fondations visant à soutenir les transports publics (notamment à Detroit).

Mais pas question pour autant d'oublier la rentabilité: les acquisitions ont été nombreuses depuis trois ans et une pause est désormais observée. «Ce n’est pas fini! Même si pour l’instant nous digérons ce que nous avons acquis depuis trois ans». Ce qui devrait aussi lui laisser un peu de temps pour gérer les différents clubs sportifs sur lesquels il a mis la main ces dernières années dans le hockey sur glace, le basketball et le football américain. Mais aussi d'expliquer le sens de son action, comme ici dans une interview accordée à Forbes.

 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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