Bilan

De bonnes raisons d'avoir confiance

Pas la moindre introduction en Bourse depuis des mois, des licenciements chez les géants de la technologie et la première diminution du budget de la R & D en plus de dix ans aux Etats-Unis.

Les nouvelles sur le front de l'innovation ne sont pas plus réjouissantes que celles qui viennent du reste de l'économie. Apparemment.

833 millions en un mois

Comment expliquer, en effet, que, rien que ces dernières semaines, la start-up lausannoise AC Immune ait pu lever 40 millions de francs, la bâloise Synosia 32 et une autre biotech romande, 60 De simples hirondelles qui n'auraient pas compris que c'est toujours l'hiver? Que dire alors des 22 transactions semblables qui se sont produites en Europe en décembre, aboutissant à une augmentation de 32% des investissements du dernier mois de 2008 par rapport à 2007 Qu'un mois ne fait pas une tendance? Et une année? Avec 2,3 milliards d'euros de capital-risque investis en Europe, 2008 bat l'année pourtant record de 2007. Les grincheux diront que les capital-risqueurs avaient déjà levé ces fonds et qu'il fallait bien qu'ils les investissent. Faux. En Suisse, BioMedParners a achevé de lever 95 millions le mois dernier. En janvier, les capital-risqueurs de Prime Technology, aux Pays-Bas, de Karolinska Development, en Suède, de Balderton, à Londres, et de HS Life Science, à Zurich, ont levé un total de 738 millions de francs de nouveaux fonds. Comment les intéressés expliquent-ils de tels succès dans l'ambiance d'apocalypse qui caractérise la finance aujourd'hui? «Par nature, les fonds de capital-risque sont cash», avance Aymeric Sallin, fondateur de Nanodimension, qui vient justement de boucler un investissement de 15 millions dans une start-up. «Au moment où les valorisations en Bourse dépriment celles des entreprises non cotées, il faudrait être fou pour ne pas investir.»

Quand l'UE investit en Suisse

Partenaire du fonds biotech Aravis, Jean-Philippe Tripet ajoute des explications helvétiques et sectorielles. «Les retours engrangés, ici, par les investisseurs sur des Actelion, Glycart et autres Cytos ont créé un historique de bons résultats. En investissant dans BioMedPartners avec son fonds EIF, même l'Union européenne le reconnaît. En plus, la pharma résiste mieux.» Il ne s'agit pas de dire que le capital-risque est immunisé contre la crise financière - l'effondrement d'HBM Bioventures en Bourse en témoigne - mais il y a une raison fondamentale à sa bonne santé. Cela demande plus d'effort et de temps de créer de la croissance en investissant dans la R & D que de prêter de l'argent à des spéculateurs qui ne seront pas capables de rembourser. Mais comme l'illustrent les derniers résultats de Novartis ou de Roche, seuls ces investissements payent de façon durable. Le régulateur suisse qui a mis les investissements des caisses de pension en venture capital dans la même boîte que les Madoff et consorts devraient y réfléchir. Les assurés aussi.

Illustration: © Laurent Bazart

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