Bilan

Des opportunités à saisir en Grèce

La hausse entamée cet automne à la Bourse d’Athènes s’accélère. Pour certains secteurs comme la construction et la consommation, le meilleur est manifestement à venir.
La Bourse d’Athènes est passée de 474 points en juin 2012 à 1014 le 25 janvier dernier. Crédits: Louisa Gouliamaki/AFP

Une ambiance printanière règne à la Bourse d’Athènes, qui après avoir touché le fond à 474 points début juin 2012 s’inscrivait déjà à 1014 le 25 janvier. Il ne s’agit bien sûr pas d’un rally technique, si bien que le potentiel de reprise est encore à peine entamé en regard des 5289 points atteints le 29 octobre 2007. Petros Iakovou, le CEO d’Hellenic American Securities, l’un des 68 courtiers en valeurs mobilières enregistrés à Athènes, relève que la hausse s’est amorcée en septembre, avant de s’accélérer encore début décembre avec la reprise de 200 points depuis lors. Pour le courtier athénien, le retour en grâce des valeurs grecques s’inscrit dans un mouvement d’arbitrage à l’échelle du continent. «La Grèce est une énorme opportunité dans l’Euroland», souligne Petros Iakovou, qui est représenté en Suisse par le spécialiste financier Emmanuel Tzanos. Il situe le potentiel de reprise de l’indice d’ici à la fin de l’année à 50% à partir des niveaux de fin janvier.

L’effet d’arbitrage est particulièrement évident dans le cas d’OTE, dans les télécommunications, qui se traite toujours avec un escompte de 70% par rapport à Deutsche Telekom. Le fait n’est pas passé inaperçu en Allemagne: le titre OTE, qui se traitait aux environs de 3,8 euros début décembre, s’inscrivait à 6,64 le 25 janvier. Désormais, Deutsche Telekom détient environ 40% du capital d’OTE et, selon certaines sources, cette participation serait même supérieure, car les cadres dirigeants de l’opérateur allemand auraient eux-mêmes pris des participations, qui ne sont pas annoncées si elles n’atteignent pas le seuil de 5%. Dans l’électricité, PPC passe de 4,5 à 7,8 euros de début décembre à fin janvier. Les Allemands ne sont pas seuls à s’intéresser à la cote grecque: UBS et CS seraient très présents sur le marché.

Opap, Avax et Fourlis

Opap, la société de jeux et de paris, n’échappe pas à l’enthousiasme général et passe de 5 à 6,5 euros. Pour certains secteurs, le meilleur est manifestement à venir. C’est le cas notamment de la construction, qui devrait bénéficier de grands travaux dans le cadre de la relance de l’économie grecque. On relève la progression d’Avax, qui à 1,7 euro est encore loin de ses précédents plus hauts à 8 euros. Ellaktor, le leader grec du secteur, qui se traitait aux environs de 2,2 vers fin janvier, s’inscrit dans une même perspective.

Parmi les secteurs bien placés pour profiter du retour à la croissance attendu pour cet automne, il y a la consommation, notamment Bela et Fourlis, qui détient la franchise Ikea et a des filiales dans la région, surtout en Bulgarie et en Roumanie. L’importance de la Grèce pour l’ensemble des Balkans est une réalité que souligne Petros Iakovou, actif également sur ces marchés: «Je connais une cinquantaine de CEO roumains et bulgares.»

Le lien très fort des banques grecques avec ces pays est d’ailleurs l’une des causes de leurs difficultés, car les titres du secteur ont été massacrés. Mais il est encore trop tôt pour y revenir, car les banques devront être recapitalisées d’ici à septembre. Les investisseurs ne s’y trompent pas: le titre National Bank of Greece se traîne toujours à 1,2 euro, très loin de son plus haut à 35 euros, et Alpha Bank est à moins de 1,4 euro après un plus haut de 23 en 2007. 

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