Bilan

Et si vous achetiez des banques?

Toutes les turbulences ne sont pas encore définitivement écartées, mais certains signes font penser que ce secteur pourrait surperformer au cours des prochains mois.
Crédits: Martin Ruetschi/Keystone

Avec la fin du scandale Libor, qui semble vouloir se régler par des amendes ne pénalisant pas trop, à moyen terme les activités des banques, la récente décision du comité de Bâle d’assouplir ses critères de ratio de liquidités, a offert aux banques un ballon d’oxygène bienvenu  dans un contexte où les difficultés s’accumulaient. Ce ratio, destiné à s’assurer que les banques ont suffisamment d’actifs pour faire face à d’importantes sorties de fonds durant une période de crise de trente jours, doit toujours être supérieur à 100%. Cependant, la définition des actifs considérés a été élargie. Désormais, au lieu d’actifs, pourront être inclus des obligations d’entreprises notées A+ à BBB-, des emprunts hypothécaires résidentiels titrisés notés AA ou supérieurs, ainsi que certaines actions. Cet assouplissement était nécessaire puisque la gamme de titres offrant le sacro-saint AAA diminuait avec les rétrogradations de notation enregistrées ces douze derniers mois. De plus, le délai a été rallongé avec un seuil de 60% (au lieu de 100%) au 1er janvier 2015 et une amélioration de 10% par année pour atteindre 100% en 2019.

La réaction du marché à cette bonne nouvelle est à l’image de ce qui s’était passé lors de la crise. La zone géographique des banques concernées ayant une grande influence sur les actifs détenus, la baisse des critères de notation est nettement plus favorable aux institutions de l’Europe du Sud dont certains actifs s’en trouvent réévalués. Avec des hausses de 100% depuis les plus bas de juillet, les actions bancaires françaises, italiennes ou espagnoles font mieux que leurs homologues allemandes, hollandaises ou suisses dont la définition «d’actifs sûrs» a été moins revalorisée.

Bien que le chemin soit encore long pour retrouver le lustre d’antan, la rédemption du secteur semble sur la bonne voie. D’autant que les institutions les plus solides courraient le risque de voir leurs homologues moins bien lotis les faire plonger par «effet domino». De plus, ces objectifs drastiques de liquidités détournaient les banques de leur rôle de prêteur à l’économie privée.

Dans ces conditions, il paraît raisonnable de réinvestir dans ce secteur qui ne saurait être en retrait en cas de reprise économique durable, tant il représente le lubrifiant dans cette mécanique
subtile qu’est la croissance. Attention cependant: chaque institution présente un profil qui lui est propre et n’offre pas le même potentiel ni les mêmes risques. Voici quelques exemples d’actions fortement chahutées avec leurs spécificités. 

Conseil nº1

UBS

Code: UBSN

Cours: 16,1 francs

Objectif: 21 francs (+30%)

Après son sauvetage réussi par la Banque nationale et ses problèmes juridiques (pertes de trading et scandale du Libor) en voie de règlement, le géant suisse semble devoir reprendre le chemin de la hausse. En espérant qu’aucun autre scandale ne vienne troubler cette probable rédemption.

Conseil nº2

HSBC

Code: HSBC

Cours: 680 £

Objectif: 810 £ (+20%)

La banque britannique, bien qu’aussi impliquée dans l’affaire du Libor, fait partie des moins mauvais élèves. Si elle échappe bien aux subprimes, elle devra revoir sa stratégie suite à son implication dans des affaires de fraude fiscale. Mais sa forte diversité géographique devrait l’y aider.

Conseil nº3

Crédit agricole

Code: ACA

Cours: 7,4 €

Objectif: 9 € (+20%)

La banque française vient de sortir de toutes ses activités grecques. Son réseau historique devrait l’aider à atteindre ses critères de liquidité. Une fois assainie financièrement, l’institution pourrait devenir une machine à faire du cash et intéresser d’éventuels repreneurs.

Conseil nº4

Commerzbank

Code: CBK

Cours: 1,67 €

Objectif: 2,5 € (+50%)

 Le report de Bâle III favorise particulièrement le banquier allemand. En effet, son rôle historique de prêteur à l’économie privée le pénalisait au moment de devoir provisionner des capitaux. Une reprise durable de croissance en zone euro pourrait rapidement lui redonner des couleurs.

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