Bilan

Eurofin précise ses relations d'affaires avec Espirito Santo

Le patron de la société Eurofin, sise à Lausanne, précise que le géant financier portugais Groupe Espirito Santo (GES) détenait une participation minoritaire de 20% dans Eurofin de 2004 à 2009.

Eurofin a offert au groupe financier portugais des services de structuration, notamment lors de la création de fonds de placement au Luxembourg ou dans d'autres juridictions, explique le directeur.

Crédits: Keystone

Le patron de la société Eurofin, sise à Lausanne, s'exprime dans un entretien sur ses relations d'affaires avec le Groupe Espirito Santo (GES) en déroute. Alexandre Cadosch précise que le géant financier portugais détenait une participation minoritaire de 20% dans Eurofin de 2004 à 2009.

"Ensuite, les trois actionnaires principaux, dont moi-même, ont racheté les actions du groupe", explique dans "Le Matin Dimanche" Alexandre Cadosch. Le président du conseil d'administration et directeur général d'Eurofin a lui-même travaillé pendant dix ans dans l'une des filiales de GES.

Le 3 août, dans le cadre du sauvetage de Banco Espirito Santo (BES), le gouverneur de la banque centrale portugaise a chiffré l'ampleur, dans le désastre, des "placements de titres" impliquant Eurofin Securities, filiale d'Eurofin. Selon la transcription de son intervention, ceux-ci ont donné lieu à 1,249 milliard d'euros (1,516 milliards de francs) de pertes dans les comptes.

Puis un article du "Wall Street Journal" de mardi a contribué à focaliser l'attention de la presse helvétique sur le groupe lausannois. Selon "Le Temps" de samedi, Lisbonne s'intéresse de près à cette entité.

"Que les autorités portugaises se posent des questions sur notre activité, c'est possible", concède M. Cadosch, réitérant qu'il n'a pas d'autres informations. "Il n'y a jamais eu de contact ou de requêtes formulées par les autorités portugaises", répète-t-il.

Eurofin a offert au groupe financier portugais des services de structuration, notamment lors de la création de fonds de placement au Luxembourg ou dans d'autres juridictions, explique le directeur. Sa société a assisté les filiales de GES dans l'élaboration de certains fonds.

En revanche, contrairement aux allégations du Wall Street Journal, elle n'a jamais eu "aucune action de vente de produits structurés auprès des clients d'Espirito Santo et/ou de la Banque Privée Espirito Santo", assure-t-il. "Ce n'est pas notre métier".

Le président et directeur affirme que son souci, dans ce dossier, est de bien comprendre comment leurs services ont pu être utilisés. Des analyses internes ont lieu actuellement "pour savoir dans quelle mesure des opérations illégales auraient pu se faire à notre insu".

Quant au rôle de l'administrateur portugais de la holding Eurofin, par ailleurs unique auditeur des comptes de Banco Espirito Santo, il n'avait aucun rôle exécutif, selon M. Cadosch. "Il nous a présenté sa démission en mars, probablement parce que son nom commençait à apparaître dans les journaux portugais".

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