Bilan

Frénésie sur le segment des fusions et acquisitions

Les projets de rachat de grande ampleur ont marqué le monde entrepreneurial depuis le début de cette année. Grâce à un contexte idéal pour ce genre d’opération.

Lafarge et le Suisse Holcim ont annoncé leur fusion début avril.

Crédits: DR

Holcim et Lafarge fusionnent, Novartis et GSK échangent des divisions. Numericable rachète SFR, tandis que General Electric pourrait s'emparer d'Alstom. Quant à la fusion entre Publicis et Omnicom, elle a bel et bien échoué. De son côté, AstraZeneca refuse toujours les avances de Pfizer. Le géant Nestlé, lui, négocierait avec Danone pour le rachat de sa division nutrition médicale.

Les fusions sont dans l’air depuis le début de 2014. Elles illustrent une tendance, celle de la recherche des profits dans la croissance externe ou le rachat d'actionnaires minoritaires de filiales rentables.

Momentum à saisir

 

Depuis le début de l'année, les opérations opportunistes se multiplient. Selon KPMG, le volume des fusions acquisitions en Suisse a atteint 23 milliards de francs au premier trimestre, soit le meilleur résultat depuis le second trimestre 2012.

Parmi les facteurs explicatifs: l’amélioration des conditions économiques pour la première fois depuis la crise financière de 2008. Après cette dernière, les entreprises ne pouvaient poursuivre leur croissance de manière interne. Elles se sont alors tournées vers des solutions externes pour gagner en puissance ou dynamiser leurs ventes.

Avec comme conséquence un regain de confiance de la part des investisseurs qui retrouvent le goût du risque. «Les niveaux de valorisation des entreprises contribuent également à créer un contexte favorable pour les fusions et acquisitions. Les prix n'étant pas jugés excessifs, l'écart se réduit mécaniquement entre les prétentions des vendeurs et la position des acheteurs. Cette situation a permis d'avoir une certaine détente sur le front des opérations hostiles», ajoute John Plassard, directeur adjoint chez Mirabaud Securities.

En outre, les bilans des sociétés acquéreuses sont plutôt sains et leur endettement peu élevé. Et les taux d’intérêt historiquement bas du marché incitent à emprunter aujourd’hui pour détenir une autre firme. Des considérations d’ordre fiscal, comme dans le cas Holcim-Lafarge, peuvent aussi motiver une transaction.

Cette période d’euphorie de fusions et acquisitions bénéficie d’une force de frappe estimée à quelque 3’500 milliards de dollars de la part des acheteurs potentiels du marché. «Or, cette situation pourrait ne pas continuer à ce rythme tout au long de l'année; les anticipations de hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis au premier semestre 2015 risquent fort probablement d'affecter l'excitation actuelle», confie encore John Plassard.

Pharma et IT très actifs

 

Les opérations dans la pharma dominent nettement le marché. Les groupes cherchent à grandir en dehors de leur giron, notamment dans le domaine des maladies rares et du diabète. C’est le cas de Novartis qui a racheté la division oncologie de GSK. Les technologies effectuent de grosses transactions. Des sociétés comme Apple ou Facebook se diversifient en rachetant des pépites propres à développer fortement leur modèle d’affaires.

 

 

 

Patricia Meunier

Aucun titre

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."