Bilan

Fribourg reste leader au palmarès des banques cantonales

Le classement 2012 établi par Bilan montre la qualité des instituts romands: quatre d’entre eux prennent place dans les dix premiers rangs.

Qui arrêtera la Banque Cantonale de Fribourg? Pour la cinquième fois consécutive, cette dernière prend la première place du classement 2012 des banques cantonales établi par Bilan sur la base des résultats 2011. Avec une note finale de 5,1 sur 6, elle devance ses consœurs de Schwytz et des Grisons, qui obtiennent toutes les deux la note de 4,8. «Sa profitabilité, son efficience opérationnelle et la croissance de son bilan constituent ses principaux points forts», analyse Eric Jondeau, directeur de l’Institut de banque et finance de l’Université de Lausanne, qui a réalisé cette évaluation pour le compte de Bilan. «Ce résultat montre une nouvelle fois l’importance de la maîtrise des processus organisationnels. Cette première place est une récompense pour nos collaborateurs qui sont les véritables acteurs de notre succès», se félicite Albert Michel, qui a assumé la fonction de président de la direction générale entre 1993 et 2011 avant de prendre la présidence du conseil d’administration au 1er janvier de cette année. Notre classement révèle que la performance globale réalisée par les vingt-quatre banques cantonales (leur part de marché atteint 30% au niveau national) reste mitigée: certes la note moyenne de tous les établissements a légèrement augmenté, pour passer de 4 à 4,07 entre 2010 et 2011, mais seuls quatorze instituts parviennent à obtenir une note supérieure ou égale à 4. L’an dernier, le bénéfice net des banques cantonales ne progresse que de 1,5% pour s’élever à 2,7 milliards de francs, tandis que le bénéfice brut régresse de 1,5% pour atteindre 3,9 milliards de francs.

Hausse des prêts hypothécaires

Le résultat des banques cantonales est surtout marqué par une forte croissance des bilans. Cette dernière est même spectaculaire dans trois établissements: +11,32% à la BC de Genève, +11,2% à la BC du Valais et +10,29% à la BC de Fribourg. Cette hausse découle de l’octroi massif de nouveaux prêts hypothécaires à des clients alléchés par le niveau historiquement bas des taux d’intérêt: +11% à la BC de Fribourg, +9,6% à la BC de Genève et +9,1% à la BC du Valais. Dans la majorité des instituts, ces créances ne cessent de progresser depuis plusieurs années. Les banquiers réfutent pourtant toute augmentation des risques de contentieux liés à ces opérations. D’une part, la grande majorité des emprunteurs scelle des hypothèques à taux fixe sur une durée relativement longue. Ce qui leur permet d’assumer leurs charges avec prévisibilité. D’autre part, un crédit n’est octroyé qu’à deux conditions: le client dispose de fonds propres suffisants et le coût de son logement est financièrement supportable. Une dégradation du marché de l’immobilier et un relèvement du loyer de l’argent pourraient néanmoins entraver la rentabilité future d’une majorité de banques cantonales. Car leurs revenus découlent essentiellement des transactions génératrices d’intérêts: avec un montant de 5,4 milliards de francs en 2011, celles-là représentent les deux tiers de leurs recettes totales, voire même plus de 80% pour les petits établissements.

Performance  Sur la base de leur note moyenne, les banques romandes enregistrent une excellente profitabilité.   Belle performance romande

Dans l’ensemble, les résultats des six banques romandes sont très satisfaisants. Quatre d’entre elles figurent dans les dix premiers rangs: la BC Fribourg (1re), la BC Vaudoise (5e), la BC du Valais (10e ex aequo) et la BC Neuchâteloise (10e ex aequo). Les deux autres instituts sont relégués dans la deuxième partie du classement: la BC de Genève et la BC du Jura se classent respectivement aux 17e et 22e rangs. «Sur la base de leur note moyenne, les banques romandes enregistrent une excellente profitabilité. De même, la rentabilité des prêts et des investissements est bonne. En revanche, elles souffrent de la faiblesse de leurs fonds propres ainsi que de charges de personnel trop élevées par rapport aux instituts alémaniques», constate Eric Jondeau. Les coûts générés par leur effectif pénalisent effectivement deux romandes: la BC Vaudoise et la BC de Genève. Ils découlent des salaires élevés pratiqués dans leur canton respectif et de certaines de leurs activités très spécifiques, comme le financement du négoce de matières premières qui nécessite des compétences très pointues. La BC Vaudoise aurait ainsi pu prétendre à la deuxième place du classement si ces charges étaient moins importantes.

Pas plus de transparence

D’une année à l’autre, rien ne bouge du côté de la transparence des instituts romands non cotés en bourse. La BC de Fribourg et la BC Neuchâteloise préfèrent rester très discrètes en ce qui concerne les rémunérations de leurs dirigeants. Ces deux établissements ne publient dans leur rapport de gestion que la somme totale versée aux membres du conseil d’administration et celle payée aux responsables de la direction générale. La BC de Neuchâtel fait toutefois un pas de plus que la BC de Fribourg en indiquant les bonus octroyés à ces derniers. Ces deux banques restent donc très en deçà de leurs homologues cotées. Lesquelles indiquent le montant perçu par chaque administrateur, le salaire fixe et variable du CEO ainsi que la rémunération totale de la direction générale. A l’avenir, parmi les défis à relever figurent les nouvelles règles que tente d’imposer le Département fédéral des finances aux instituts bancaires. L’Union des banques cantonales suisses rejette ainsi les prescriptions proposées qui touchent aux fonds propres. Elle estime que ses membres «possèdent un niveau dépassant largement celui des exigences minimales». Selon l’association faîtière, il est surprenant que les banques cantonales «soient visées de manière si disproportionnée par divers projets de réglementation». Elle critique plus particulièrement «le manque de différenciation et l’absence d’harmonisation au sein de la réglementation prévue en matière de fonds propres».

Crédits photos: Charly Rappo/arkive.ch

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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