Bilan

Hervé Falciani aurait demandé 1000 dollars par nom de fraudeur

Loin de son discours de chevalier blanc luttant contre la fraude, l'ex-informaticien de HSBC Hervé Falciani aurait négocié la somme de 1000 dollars par nom de fraudeur, selon un article paru dans L'Agefi.

Hervé Falciani aurait tenté de monnayer ses révélations en demandant une contrepartie de 1000 dollars par nom de fraudeur.

Crédits: Image: Reuters

Et si l'image de «chevalier blanc» s'effondrait? Depuis le début de l'affaire qui porte son nom, l'ancien informaticien Hervé Falciani a toujours affirmé publiquement que ses seuls motivations étaient de lutter contre la fraude fiscale et le blanchiment d'argent. Or, un article paru lundi 20 janvier dans le quotidien L'Agefi vient mettre à mal ce discours: selon plusieurs documents que s'est procurée la rédaction, l'ancien employé de la banque HSBC à Genève aurait réclamé une récompense financière en échange des noms qu'il livrait à la justice et au fisc français.

L'Agefi base ses affirmations sur trois rapports publiés par l’Office fédéral de la police parus entre octobre 2009 et août 2010. Selon le quotidien économique, qui a pu y avoir accès, ces documents révèlent que Hervé Falciani se serait d'abord tourné vers un service de renseignement allemand qui avait versé quatre millions de dollars à un autre lanceur d'alerte ayant livré des données bancaires volées. En amont, l'ex-informaticien s'était enquis de la nature et de la valeur des données qu'il détenait auprès d'un avocat genevois, afin de connaître l'impact de ces données sur les personnes concernées et les risques encourrus à les livrer à des services étrangers. Cela tendrait à prouver qu'il était totalement conscient de l'aspect sensible des données en sa possession.

Collaboration avec le fisc français

L'article affirme aussi, toujours sur la base de ces rapports de police, que Hervé Falciani aurait tenté de négocier ces révélations: le tarif de 1000 dollars pour chacun des 127'000 noms figurant sur les CD est évoqué. Si cela s'avérait vrai, cela contredirait radicalement le discours tenu par Hervé Falciani devant les médias français, lui qui affirme dès l'origine avoir eu pour seule motivation la lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment d'argent.

Alors qu'il est toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt international délivré par la Suisse, Hervé Falciani et le fisc français ont convenu en octobre dernier de «définir les modalités d'un travail en commun». L'administration française s'appuyant sur son «expertise» en matière d'évasion fiscale. Très présent dans les médias français ces derniers mois, Hervé Falciani a fait part de sa volonté de créer une «cellule de défense économique» interministérielle, qu'il pourrait appuyer sur son «réseau qui regroupe la crème des experts mondiaux» et «d'autres lanceurs d'alerte».

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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