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Jérôme Kerviel sera fixé mercredi sur son avenir

Jérôme Kerviel saura mercredi si son parcours judiciaire se poursuit ou si sa condamnation devient définitive, ce qui entraînerait à brève échéance l'incarcération de l'ancien trader de la Société Générale.

Plus de six ans après les faits, Jérôme Kerviel, que la banque accuse de lui avoir fait perdre près de 5 milliards d'euros, continue à clamer son innocence et à accuser son ancien employeur d'avoir menti sur ses propres responsabilités dans l'affaire.

Crédits: Reuters

Jérôme Kerviel, qui marche actuellement en Italie, saura mercredi si son parcours judiciaire se poursuit ou si sa condamnation devient définitive, ce qui entraînerait à brève échéance l'incarcération de l'ancien trader de la Société Générale.

Plus de six ans après les faits, Jérôme Kerviel, que la banque accuse de lui avoir fait perdre près de 5 milliards d'euros, continue à clamer son innocence et à accuser son ancien employeur d'avoir menti sur ses propres responsabilités dans l'affaire.

Mais en cas de rejet de son pourvoi par la Cour de cassation, il aura épuisé les voies de recours du système judiciaire français et sa condamnation à 3 ans de prison ferme et 4,91 milliards d'euros de dommages et intérêts deviendra exécutoire.

Il ne pourra pas bénéficier d'un aménagement de peine avant incarcération, qui n'est ouvert qu'aux personnes condamnées à moins de deux ans d'emprisonnement.

En 2008, il avait passé 41 jours en détention provisoire, ce qui porterait le solde de sa peine, en cas de rejet du pourvoi, à un peu plus de 2 ans et 10 mois.

Dans l'attente de la décision, Jérôme Kerviel a continué, comme il l'a fait depuis six ans, à occuper le champ médiatique pour sensibiliser l'opinion à sa cause.

Sa marche "contre la tyrannie des marchés", entamée entre le Vatican et Paris après une rencontre avec le pape François le 19 février, aura été, de ce point de vue, un succès. Les messages de soutien adressés au marcheur de 37 ans se sont multipliés sur les réseaux sociaux.

Soit "je me mets une balle, soit je reprends le contrôle. Et c'est ce que je suis en train de faire (...) Ca fait six ans que je ne vis plus et là, je redécouvre la vie", a dit l'ancien trader sur Canal+ pour expliquer sa démarche.

Sur le terrain politique, après celui du coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, Jérôme Kerviel a pu compter sur le soutien d'un autre candidat à la présidentielle de 2012, la députée européenne EELV Eva Joly.

- 'L'impression d'être Guy Georges' -

"On ne peut pas croire la Société Générale. Rappelez-vous le nombre de casseroles qu'ils ont", a fustigé vendredi l'ancienne juge d'instruction. Elle s'en est d'ailleurs prise à ses anciens collègues magistrats, les accusant d'avoir condamné "le seul Kerviel sans voir que derrière, il y a une affaire Société Générale".

Elle accrédite la thèse de la culpabilité de la banque qui aurait, selon la défense de Kerviel, commis une "faute volontaire" en ne tenant pas compte des alertes relatives aux écarts de son salarié.

"Société Générale se réserve le droit de poursuivre Eva Joly pour diffamation" après ces propos que la banque juge "injurieux", a réagi la banque dans un tweet.

Devant la Cour de cassation, le conseil de l'ancien opérateur de marché, Me Patrice Spinosi, avait avancé que, connaissant tout ou partie des agissements de son trader, la Société Générale ne pouvait avoir été victime d'abus de confiance, principal chef d'accusation retenu.

"Une victime négligente n'est pas pour autant une victime consentante", lui avait répondu l'avocat général, Yves Le Baut.

Outre l'abus de confiance, la cour d'appel de Paris a condamné Jérôme Kerviel pour introduction frauduleuse de données, sur la base des centaines d'opérations fictives qu'a passées l'ancien trader, ainsi que pour faux et usage de faux, en lien avec plusieurs courriers électroniques falsifiés.

Sur les routes d'Italie mercredi, Jérôme Kerviel a déjà indiqué qu'il ne serait pas présent à la lecture de la décision de la Cour de cassation. Il était lundi proche de Bologne, en Emilie-Romagne, selon sa page facebook.

"J'ai appris que le procureur avait décidé de demander mon incarcération immédiate si le procès n'était pas cassé. J'ai l'impression que je suis Guy Georges", a-t-il déclaré sur Canal+, en référence au tueur en série condamné en 2001.

En cas de rejet du pourvoi, son incarcération ne sera pas immédiate mais devrait intervenir dans les prochains mois.

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