Bilan

Jura/Berne: certaines sociétés font beaucoup mieux que surprendre en bien!

Pour les actions, le Jura, même en y prenant la partie francophone bernoise, reste une terre aride en sociétés listées à la Bourse suisse (4, la Banque Cantonale du Jura/BCJ, Tornos, Mikronet Swatch). Rareté aussi sur le marché OTC-X des titres non cotés, géré par la Banque Cantonale de Berne(6, la Banque Jura-Laufon, les Forces Electriques de La Goule, le Funiculaire d'Evilard, Cendres et Métaux, Espace Real Estateet la Clinique Linde deBienne). En revanche, le panel s'augmente d'une soixantaine de sociétés en y incluant le vieux canton.Sous l'angle du rendement direct (dividende ou autres), un bon tiers des actions concernées n'ont rien rapporté. Du nombre, Mikron et beaucoup de titres de remontées mécaniques ou de sociétés de transport. En revanche, le retour immédiat a été intéressant chez Cendres et Métaux (5% annualisés), à la BCJ (5,3%) et chez sa consoeur, la BCBE (6,7%). Les Transports publics de Frutigen-Adelbodenet la Caisse d'Epargne de Münsingensont à 8% et plus, tandis que Typon Holdingà Berthoud a versé presque 15%. Le sommet est atteint avec Ascom, longtemps jugée moribonde, qui a choyé ses actionnaires à hauteur de 16,5% l'an! Au niveau des variations de cours sur cinq ans, les pertes ont été sévères pour le train du Gurten (-84%) et les bateaux du lac de Bienne (-70%). «Mais ces effondrements doivent être considérés avec prudence car ces actions sont tout de même peu liquides», prévient Raphael Wewita, de la BCBE. En revanche, l'excuse ne vaut pas pour Mikron (-67%), Valora(-48%) ou Swisscom(-16%). Sur les sociétés considérées, plus de la moitié conclut le lustre dans le rouge. Y compris les deux titres de Swatch (-3,4% et - 1,8%). A l'inverse, il y a quelques puissants gains sur cours. En cinq ans, Tornos, Cendres et Métaux ou la BCBE ont réalisé des plus-values supérieures à 75%. Pour Galenica, les FMBou Valiant, le titre a doublé de valeur, voire mieux encore. L'action de la BCJ a presque triplé, tandis que les Forces Electriques de La Goule font +225%. Le capital a quadruplé pour Helvetic Staret pour la Clinique Linde. Voire s'est multiplié par cinq pour la SA du Schweizerhof. Du côté du noble hôtel bernois, cette progression est relativisée: le flottant est très étroit puisque l'actionnaire principal qatarien détient plus de 95% du capital. Quand on fait l'addition des dividendes et des gains en capital, une société sur quatre fait subir une perte à l'investisseur. Gurtenbahn, Bielersee et Mikron, de même que le Funiculaire d'Evilard restent dans le rouge vif à - 10% ou plus de perte annualisée. Valora et les Porcelaines de Langenthalsont aussi clairement négatives, alors que Feintool le reste de justesse (-0,6%). Les performances de Swatch ou de Swisscom sont dans le noir, mais plus que modestes (moins de 1,5% l'an). En revanche, qui l'eût cru, Tornos et la Jungfraubahndonnent du 17,5%. Soit, sur la même période, 75% de mieux qu'un blue chip tel que Nestlé(10%). Et une série de titres font plus fort encore: Galenica et la BCBE sont au-dessus de 20%, les FMB et Valiant tutoient les 30%, tandis que la BCJ culmine à 43%! «C'est la confirmation qu'un modèle d'affaires clair et un profil de risques bien délimité permettent de tirer son épingle du jeu. Notre cours reflète d'ailleurs assez fidèlement la valeur intrinsèque de notre établissement», relève le président de la BCJ, Paul-André Sanglard. Au sommet du classement, les Forces Electriques de La Goule (49%), la société de participations Helvetic Star (60%), la Clinique Linde (67%) ou l'Hôtel Schweizerhof (80%) attestent par leur performance qu'à défaut de grande liquidité, des investissements locaux se révèlent des perles insoupçonnées.Immobilier faiblardAu plan des performances, l'immobilier jurassien, aussi bien du Nord que du Sud, n'affiche pas les brillants résultats que l'on peut enregistrer ailleurs en Suisse romande. Sous l'aspect des revenus tirés des loyers, seuls Courroux, Delémont et Courrendlin dégagent un rendement de 3,8% ou plus. Avec un retour direct entre 4,2% et 4,4%, ces trois communes se placent un peu au-dessus de la moyenne romande.En revanche, toutes les autres localités du Jura historique se retrouvent dans le quart inférieur de l'échantillon considéré. La rentabilité est particulièrement faible (moins de 3% annuels) à Tramelan, à Saint-Imier et à Porrentruy. «Dans l'ensemble du Jura et du Jura bernois, les prix de l'immobilier sont les plus avantageux de Suisse. Et c'est encore plus le cas pour les loyers pratiqués. Cet effet est probablement encore accentué par la très grande proportion de propriétaires (près de 54%), l'une des plus fortes du pays», commente Christelle Bérard Bourban, du Centre d'information et de formation immobilières (CIFI). Du point de vue de la plus-value, la région reste aussi (très) modeste. Situation exceptionnelle: en cinq ans, l'appartement de référence a même perdu de la valeur à Porrentruy (-10%) et à Courgenay (-3%), tandis que son prix n'a pratiquement pas bougé à Saignelégier et à Saint-Imier. Principal centre d'activité de toute la zone, Bienne ne confirme pas du tout la poussée haussière décelée partout ailleurs dans les centres urbains: sur le dernier lustre, la plus-value immobilière reste circonscrite à nettement moins de 15%. Dans les eaux des communes telles que La Neuveville, Courroux ou Courrendlin. Seule la capitale jurassienne, Delémont, dépasse cette barre avec une valeur augmentée de 16% en cinq ans. «La régionjurassienne est la seule du pays où les prix de l'immobilier n'ont toujours pas retrouvé les tarifs atteints avant la grande crise des années 1990», constate Christelle Bérard Bourban, du CIFI. Par force, le rendement global n'est souvent pas très folichon. Avec moins de 1%, Porrentruy ferme clairement la marche. A Moutier, le retour sur investissement demeure inférieur à 4%. Seul Delémont tire son épingle du jeu en rémunérant le propriétaire à 7,5% au total. Son nouveau maire, Pierre Kohler, n'est pas surpris de la bonne tenue de sa cité.Un potentiel pour le futur«Nous bénéficions de l'atout d'être chef-lieu cantonal: cela entraîne une concentration de population. En plus, en résidant à Delémont, on peut faire l'économie d'une voiture, car tout habitant est à moins d'un quatre d'heure à pied de la gare et à une demi-heure en train de Bienne ou de Bâle.» Pour l'ancien conseiller d'Etat, la grande stabilité des prix immobiliers de la région donne un potentiel pour l'avenir. «Ce n'est qu'à cause de la langue - et peut-être un peu des séquelles psychologiques liées au conflit autonomiste - que le Jura n'est pas à Bâle ce que Nyon est à Genève.» L'élu démocrate-chrétien veut améliorer l'attractivité de sa ville en développant sa zone résidentielle et en améliorant l'offre en unités d'accueil pour les enfants.ALTERNATIVELes actions européennes Outre l'investissement local, d'autres options méritent aussi attention. Le conseil de Juliette Lim Fat, experte du Credit Suisse.LA DÉFINITION «Notre appréciation des marchés européens reste toujours de sous-pondérer la région car l'environnement local restera difficile dans un avenir proche: absence d'initiative au plan européen, faible flexibilité du marché du travail, etc. Dans la volatilité ambiante, nous privilégions des actions de sociétés offrant des dividendes élevés grâce à de forts cash-flows, une position dominante sur les marchés et un bilan solide.»LA PERFORMANCE «Les résultats de différents indices d'actions européennes attestent de la nécessité d'un choix sélectif des titres où investir. Le DJ Euro STOXX 600 TR a en effet perdu 36% de sa valeur depuis février 2008 (à fin avril), perte similaire au MSCI Europe High Dividend Yield Index sur la même période. Notre panier de référence s'est mieux comporté, grâce à un positionnement sur les grandes capitalisations et à notre sous-pondération des financières, mais il a tout de même lâché 10% sur ce laps de temps.»LES OPPORTUNITÉS «A l'achat, nous conseillons une série de titres tels que France Telecom, E.ON, Allianz, Vivendi, Bouyguesou Imperial Tobacco.»Question de méthode: comment sont calculés les rendementsTous les investissements sont traités pour une mise de fonds d'un million de francs.L'IMMOBILIER Pour l'appartement, la valeur d'achat est ramenée à un million de francs. Le facteur ainsi déterminé (2 pour un bien valant 500 000 francs en janvier 2004) qui va être appliqué aussi bien sur la plus-value réalisée au début 2009 ainsi que sur les loyers nets (sans les charges). Pour ces derniers, on part de l'hypothèse que le logement a été occupé de façon constante, à un tarif qui a évolué conformément à l'indice des loyers établi par l'Office fédéral de la statistique. Le revenu en francs cumule les loyers encaissés au cours des cinq années. Le pourcentage indique le rendement global annualisé sur la période considérée.LES ACTIONS On détermine combien de titres ont pu être acquis avec un million de francs à la première cotation de 2004. Le nombre ainsi trouvé est multiplié par la différence entre le cours du début 2009 et celui d'il y a cinq ans. Il multiplie aussi les différentes formes de rendements qu'a enregistrées le titre: avant tout les dividendes annuels, mais aussi - par exemple - des remboursements de capital. La Recherche du Credit Suissea sorti les données de toutes les sociétés à siège social romand cotées à la Bourse suisse. Le même travail a été effectué par la BCBE pour les actions romandes non cotées traitées sur sa plate-forme de commerce électronique OTC-X.

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