Bilan

L'échec de l'accord avec Berlin profite aux banques

L'échec de l'accord fiscal avec l'Allemagne n'est pas une catastrophe pour les banques suisses. Au contraire, une majorité reconnaît en profiter à court terme.

Les 120 établissements consultés - hors grandes banques - envisagent l'avenir avec sérénité.

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L'échec de l'accord fiscal avec l'Allemagne n'est pas une catastrophe pour les banques suisses. Au contraire, une majorité reconnaît en profiter à court terme. "Les banques s’adaptent à une nouvelle réalité", constate Ernst & Young dans son étude. Les 120 établissements consultés - hors grandes banques - envisagent l'avenir avec sérénité.

Parmi les sondés, 72% des banques jugent que l'échec de l'accord fiscal avec l'Allemagne a un impact positif ou plutôt positif, indique Ernst & Young dans son sondage "Baromètre des banques" 2014 publié jeudi. Les petits et moyens établissements semblent en profiter le plus, leur modèle d'activité reposant pour une grande part sur la gestion d'actifs de clients étrangers.

Autre conséquence: seules 21% des banques ont commencé la mise en oeuvre de l'entraide fiscale, 61% estiment ne pas devoir agir trop rapidement.

Pourtant, les accords conclus avec la Grande-Bretagne et l'Autriche risquent peu de provoquer des transferts d'actifs, jugent les établissements bancaires: 74% d'entre eux pensent que les pertes seront insignifiantes et seuls 12% tablent sur une déperdition de 5%-10%. Les banques étrangères sont les plus optimistes.

Malaise face à la réglementation

Le différend fiscal avec les Etats-Unis est par contre perçu comme "clairement préjudiciable" par une grosse majorité (73%). Les banques ne craignent pas tant les éventuelles pertes que les coûts liés au traitement et à la fourniture des données requises.

En matière de transparence fiscale, l'échange automatique d'informations paraît inéluctable à 74% des établissements questionnés. Pourtant, 57% jugent que les évolutions actuelles auront des conséquences "négatives" ou "plutôt négatives" sur la place financière suisse.

Les établissements interrogés sont 79% à redouter l'application de la directive européenne MiFID II, relative aux instruments du marché financier, en phase d'adoption. Selon eux, celle-ci risque notamment de compliquer l’accès au marché. "Reste à voir si l’UE considérera la réglementation suisse prévue comme équivalente, cette reconnaissance étant la condition d’un accès au marché", explique Bruno Patusi, Responsable Wealth & Asset Management chez EY Suisse, cité dans le communiqué.

Optimisme pour l'avenir

Malgré "un environnement de plus en plus défavorable marqué par des taux d’intérêt faibles, une baisse des volumes de transactions et une pression réglementaire", selon Patrick Schwaller, Managing Partner FSO Assurance chez EY Suisse, cité dans le communiqué, la branche se montre largement confiante pour l'avenir, à 75%, contre 70% en 2013.

75% des banques interrogées tablent sur une évolution "positive" ou "plutôt positive" de leur résultat d'exploitation ces prochains mois. Plusieurs estiment être sorties renforcées de la crise. Elles s'attendent par contre à une baisse des salaires et à un renforcement des consolidations. 20% des établissements, soit deux fois plus que lors de l'enquête précédente, prévoient même des suppressions d’emplois.

Par ailleurs, 77% sont d'avis que le marché suisse de l'immobilier se rapproche actuellement de l'effet de bulle et 53% anticipent de ce fait un resserrement de la politique de crédit. Dans ce contexte, 82% considèrent comme pertinent le volant anticyclique de fonds propres activé par le Conseil fédéral sur demande de la Banque nationale pour les crédits hypothécaires.

Le baromètre bancaire 2014 EY repose sur un sondage effectué sur mandat par l'institut Valid Research auprès de 120 dirigeants d'établissements. L'échantillon comporte 33% de banques privées, 22% de banques étrangères en Suisse, 34% de banques régionales et 11% de banques cantonales. Un petit cinquième (18%) des établissements provient de Suisse romande.

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