Bilan

L'ex-banquier d'UBS Raoul Weil sera jugé en Floride

Le procès de l'ex-grand banquier d'UBS Raoul Weil, soupçonné d'avoir aidé de riches Américains à échapper à l'impôt, débute mardi en Floride, au sud-est des Etats-Unis.

M. Weil, 54 ans, qui est en liberté conditionnelle, devait initialement être jugé le 18 février mais il avait obtenu un renvoi du procès afin de pouvoir examiner des millions de documents fournis par le département de la Justice.

Crédits: Keystone

Cinq ans après son inculpation et une arrestation rocambolesque, l'ex-grand banquier d'UBS Raoul Weil, soupçonné d'avoir aidé de riches Américains à échapper à l'impôt, va être fixé sur son sort au terme d'un procès qui débute mardi en Floride, au sud-est des Etats-Unis.

M. Weil, 54 ans, qui est en liberté conditionnelle, devait initialement être jugé le 18 février mais il avait obtenu un renvoi du procès afin de pouvoir examiner des millions de documents fournis par le département de la Justice (DoJ).

Devant un tribunal de Fort Lauderdale, cet ancien chef de la gestion de fortune d'UBS qui vit depuis plusieurs mois en résidence surveillée dans le New Jersey va plaider non-coupable.

"Il est innocent. Il est victime de ses collaborateurs, les mêmes qui sont les témoins de l'accusation", plaide auprès de l'AFP son avocat, Aaron Marcu.

La ligne de défense de M. Weil est toute arrêtée: comme le Trésor américain, il s'estime également victime des agissements de ses collaborateurs qui lui ont dissimulé leurs pratiques, selon son conseil.

Selon le DoJ, un groupe de banquiers chez UBS démarchait les riches Américains aux Etats-Unis sans en avoir le droit, leur ouvrait des comptes secrets et utilisait des ordinateurs cryptés pour éviter que la manipulation ne soit découverte.

Le système avait été dénoncé par un ancien banquier de l'établissement helvète, Bradley Birkenfeld, 49 ans, qui est devenu un indic (il a perçu 104 millions de dollars en récompense) après avoir fait de la prison.

Inculpé en 2008 aux Etats-Unis pour avoir aidé, avec d'autres banquiers, quelque 20.000 clients américains fortunés à dissimuler au fisc quelque 20 milliards de dollars (14,7 milliards d'euros), Raoul Weil risque cinq ans de prison ferme et une grosse amende.

TÉMOIN VEDETTE

Le procès, qui s'annonce comme une confrontation entre anciens et actuels employés d'UBS, devrait durer entre une dizaine de jours et un mois.

Le DoJ fera défiler à la barre des anciens banquiers repentis à qui a été accordée la clémence pour leur coopération.

De son côté, la défense devrait produire un peu moins de dix témoins, dont deux à trois témoigneront par vidéoconférence de Londres. D'après Me Marcu, nombre de témoins sollicités ont décliné de peur d'être arrêtés une fois sur le sol américain.

Le témoin vedette de ce procès sera nul doute Martin Liechti, ancien responsable Amériques d'UBS. Arrêté en 2008 par les autorités américaines, il a passé un accord qui lui évite des poursuites pénales en échange de son témoignage détaillé sur les pratiques illégales supposées de M. Weil, selon les documents judiciaires.

Si la procédure judiciaire américaine permet un accord entre les parties jusqu'à quelques minutes avant le début du procès, en l'espèce c'est peu probable, estiment des sources proches du dossier. Les négociations dans ce but ont échoué jusqu'ici, affirment-elles.

M. Weil avait été arrêté en octobre 2013 en Italie puis extradé aux Etats-Unis et libéré sous contrôle judiciaire moyennant le paiement d'une caution d'environ 10,5 millions de dollars, la restitution de son passeport suisse, l'obligation de vivre chez des amis et le port d'un bracelet électronique à la cheville pour le localiser.

Limogé par UBS en avril 2009 alors qu'il était considéré comme fugitif aux Etats-Unis, il avait rejoint ensuite la société de gestion de fortune Reuss Private Group en 2010 en tant que consultant, et en avait pris la tête début 2013.

Après son arrestation et son extradition, il avait été démis de ses nouvelles fonctions.

UBS collabore avec les autorités américaines dans le cadre d'un accord conclu en février 2009, après que la banque eut écopé d'une amende de 780 millions de dollars. Elle leur a par exemple livré le nom de plusieurs milliers de ses clients américains soupçonnés de frauder le fisc.

L'affaire a aussi entraîné les démissions de hauts dirigeants, dont le directeur général à l'époque Marcel Rohner.

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