Bilan

L’industrie du luxe snobe la crise

Les acteurs du secteur sont idéalement positionnés pour continuer à engranger les fruits de leur adéquation avec les marchés porteurs du moment.
Louis Vuitton (LVMH) publie un taux de croissance de 19%. Crédits: Dr

S’il existe un secteur sur lequel la crise ne semble pas avoir de prise, c’est bien celui du luxe. Quand bien même le ralentissement économique observé en Occident semble légèrement impacter les ventes, la formidable croissance en Asie compense largement cette faiblesse. Jamais, en effet, les acteurs du secteur n’ont affiché de tels taux de croissance et rien ne semble vouloir venir tempérer cet enthousiasme.

Nous avions déjà constaté, en analysant le secteur automobile, la bonne santé des marques prestigieuses avec des records de vente pour BMW, Porsche ou Mercedes. Cet engouement pour les objets haut de gamme ne s’arrête pas là puisque les domaines horlogers, le parfum ou la maroquinerie publient aussi des résultats records. 

L’année 2012 est à marquer d’une pierre blanche pour l’horlogerie, à l’image de Swatch (UHR) qui voit son bénéfice net s’envoler de 26% pour un chiffre d’affaires en hausse de 10% en monnaie locale. Si une partie de cette embellie est à mettre au crédit des restructurations entreprises dans ses fournisseurs de mouvements, il y a aussi  un phénomène de montée de gamme qui explique l’explosion du bénéfice.

Idem pour Richemont (CFR) dont l’activité est moins centrée sur l’horlogerie (+13%) mais qui parvient aussi à afficher une bonne croissance dans la bijouterie (+8%). Ces deux géants helvétiques vont en outre largement profiter du récent accord de libre-échange entre la Suisse et la Chine, qui va réduire de 60% sur une décennie les taxes douanières des produits d’horlogerie. 

D’autres acteurs tirent aussi leur épingle du jeu mais leur activité plus universelle tempère quelque peu leur résultat net. A l’image de Kering (KER), ex-Pinault-Printemps-Redoute dont l’excellente année dans le luxe (Gucci, YSL, etc.) est pondérée par les résultats en demi-teinte de ses magasins (FNAC, Le Printemps).

Louis Vuitton (LVMH) affiche également un taux de croissance impressionnant de 19% pour un bénéfice en hausse de 13%. Ses magasins comme Sephora affichent même +22%, suivis de près par les articles de maroquinerie (+14%) qui dépassent largement les attentes du marché. 

On peut encore citer Burberry (BRBY) dont le chiffre d’affaires a progressé de 8% bien que son bénéfice net marque le pas (-3%) en raison de charges exceptionnelles. Sa croissance en Chine (+20%) lui permet tout de même d’afficher un bénéfice opérationnel à +14%.

La palme des résultats 2012 revenant sans conteste à l’italien coté à Hongkong Prada (1913.HK), dont le bénéfice net affiche un taux de +43% pour un volume de vente en hausse de 19% (+33% en Asie), malgré la crise qui perdure en Europe du Sud. 

Conseil nº1

Prada

Code: 1913.HK

Cours: 75 HKD

Objectif: 94 HKD (+25%)

La marque italienne suscite des craintes liées à sa forte exposition au marché chinois qui marque un ralentissement. Cependant, elle possède encore un grand potentiel de croissance dans sa distribution aux Etats-Unis ou dans les pays émergents comme l’Amérique du sud et le Moyen-Orient.

Conseil nº2

Swatch

Code: UHR

Cours: 554 francs

Objectif: 665 francs (+20%)

Chaque année apporte son lot de records au leader horloger et l’accord de libre-échange Suisse-Chine semble taillé pour lui. Le début d’année, d’ordinaire plus calme, affiche déjà une croissance à deux chiffres, qui devrait lui permettre de dépasser son objectif annuel attendu entre 5 et 10%.

Conseil nº3

Richemont

Code: CFR

Cours: 85 francs

Objectif: 100 francs (+18%)

Le détenteur de Cartier, Baume & Mercier, etc, affiche un bénéfice en hausse de 30% pour 2012-2013, principalement dû à une croissance des ventes dans les magasins à vocation touristique. Si l’Asie marque le pas avec une augmentation des ventes de «seulement» 13%, elle offre encore du potentiel.

Conseil nº4

Louis Vuitton

Code: LVMH

Cours: 136 euros

Objectif: 155 euros (+14%)

Le maroquinier français a surpris les analystes qui craignaient que le ralentissement chinois pèse sur les chiffres. Cependant, la marque a récolté les fruits de sa politique de haut de gamme afin de ne pas tomber dans la banalisation de ses produits. Ce qui a largement dopé ses marges.

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