Bilan

L’interminable chantier des retraites

Berne planche sur une révision simultanée de l’AVS et du 2e pilier. Parmi les pistes évoquées par Alain Berset: une hausse de la TVA.
Le ministre des Affaires sociales Alain Berset ne veut pas repousser l’âge de la retraite à 67 ans. Crédits: Gaetan Bally/Keystone

L’épineux dossier des retraites est un chantier qui ne s’achèvera jamais! Le vieillissement démographique, l’allongement de la durée de vie, la baisse du nombre d’actifs par rapport aux rentiers obligeront le Conseil fédéral à proposer régulièrement des réformes constantes pour maintenir des prestations de qualité. C’est pour cette raison qu’Alain Berset, le ministre des Affaires sociales, a ouvert la voie, l’an dernier, à une nouvelle orientation de la prévoyance vieillesse.

Le projet prévoit une révision simultanée de l’AVS et de la prévoyance professionnelle dans le but de consolider financièrement les deux institutions d’ici à 2020.

D’abord, penchons-nous sur l’AVS. Alain Berset suggère de repousser l’âge de la retraite pour les femmes de 64 à 65 ans. Mais il n’est pas question (en tout cas pas pour l’instant) de relever celui-là à 67 ans pour les deux sexes, comme l’avait proposé jadis l’ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin. Si on se dirige plutôt vers une flexibilisation de l’âge de la retraite basée sur l’octroi de rentes partielles, il s’agit surtout d’inciter les personnes actives à rester en emploi le plus longtemps possible par le biais de mesures incitatives.

Cette idée risque toutefois de se heurter à la volonté des entreprises qui rechignent à conserver les seniors au sein de leur effectif. Pour assurer le financement de l’AVS (dont les besoins supplémentaires sont évalués à 9 milliards en 2030), Alain Berset mise sur une hausse de la TVA, qui a l’avantage de faire passer à la caisse à la fois les actifs et les rentiers.

Ensuite, la réforme touche le 2e pilier. De l’avis du Conseil fédéral, une diminution du taux de conversion (lequel détermine le montant des rentes) est rendue nécessaire en raison de l’allongement de l’espérance de vie. Pour éviter néanmoins un recul des prestations, il faut trouver de nouvelles recettes. Plusieurs solutions sont envisageables: hausse des cotisations, obligation de cotiser dès 18 ans au lieu de 25 ans, comme maintenant, ou augmentation du salaire assuré.

Ce projet, qui sera soumis à la consultation de l’ensemble des acteurs dans le courant de l’automne, se heurtera à de fortes résistances tant à droite qu’à gauche de l’échiquier politique. A droite, on rejette toute hausse de la TVA. A gauche, on s’oppose au relèvement de l’âge de la retraite pour les femmes et on privilégie une durée (quarante-deux ans) de cotisation identique pour tous. Autrement dit, les débats parlementaires promettent d’ores et déjà d’être très animés. 

L’exemple suédois

Même si la Suisse dispose d’un des meilleurs systèmes de prévoyance vieillesse en Occident, notamment du fait que sa population reste active beaucoup plus longtemps qu’à l’étranger, elle pourrait néanmoins s’inspirer d’autres modèles pour planifier l’avenir. Le cas suédois mériterait d’être examiné avec attention. Dans ce pays, les rentes du premier pilier dépendent non seulement des cotisations versées pendant la vie active, mais également de l’espérance de vie à la retraite et de la croissance économique.

Avantage: les prestations évoluent au gré de facteurs exogènes. Désavantage: le montant des rentes n’est plus garanti. 

 

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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