Bilan

L’Irak fait trembler les marchés

L’attaque d’une raffinerie par les djihadistes dans le nord de l’Irak est venu rappeler que le pays est redevenu le second exportateur d’or noir.

L’Irak est devenu un producteur clé de l’OPEP au cours des deux dernières années.

Crédits: DR

L’assaut lancé mardi par les insurgés de l’Etat Islamique en Irak et au Levant contre la raffinerie de Baïja a sorti les marchés financiers de leur léthargie vis-à-vis de ce risque. Certes, l’armée du pays affirme avoir repoussé cette attaque. Et certes, la production pétrolière irakienne est concentrée dans le sud, loin de la zone de combats et au nord dans la région sous contrôle kurde. Ce qui explique la hausse contenue du prix du pétrole ces derniers jours.

Toutefois, comme le rappelle Ole Hansen, le chef stratège ressources naturelles de la banque Saxo, «l’Irak est devenu un producteur clé de l’OPEP au cours des deux dernières années en augmentant d’un million de barils/jour sa production de brut. Il s’est même hissé à la seconde position des pays exportateurs à la faveur de la crise libyenne et de l’embargo sur l’Iran qui ont retranché 2,4 millions de barils/jour du marché». La production irakienne atteint ainsi 3,3 millions de barils/jour.

Investissements menacés

 

Pour Ole Hansen, le conflit implique avant tout une menace «sur les perspectives du gouvernement irakien d’augmenter sa production à 4 millions de barils/jour d’ici la fin de l’année et même à 7 millions fin 2016». De nombreuses compagnies étrangères ont obtenu entre 2008 et 2010 des contrat de licences pour développer des champs existants ou explorer de nouveaux gisements.

Quel sera l’attitude des Shell (avec un objectif maximum de 4,15 millions de barils/jour ), de la China National Petroleum Company (3,4 millions de b/j potentiels) de BP (2,8) ou bien encore d’Exxon (2,3) dans une situation sécuritaire qui se dégrade rapidement ? L'Agence Internationale de l'Energie a déjà averti que l'Irak risque de ne pas atteindre ces objectifs de production pétrolière, soit les trois cinquièmes de la hausse de la production mondiale attendue d'ici 2019.

Pour l’heure, les marchés anticipent encore des prix du Brent dans une fourchette de 112 à 155 dollars le baril. Toutefois, des voix commencent à se faire entendre pour avertir sur l’impact qu’aurait un pétrole à plus de 120 dollars sur une reprise mondiale qui demeure fragile.

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

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Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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