Bilan

L'UE ausculte les budgets amaigris grec et portugais

Sous l'oeil de l'Union européenne, la Grèce et le Portugal ont respectivement présenté mercredi des budgets 2013 d'austérité draconienne qui relancent la contestation sociale.
Athènes et Lisbonne ont respectivement présenté mercredi des budgets 2013 d'austérité draconienne qui relancent la contestation sociale. Un processus parlementaire sous la loupe de Bruxelles qui tient les cordons de la bourse.

Premier test crucial pour le maintien de la Grèce dans la zone euro, le gouvernement grec a présenté mercredi son projet de budget 2013 comportant une nouvelle série d'économies de 9,4 milliards d'euros.

Juste avant d'examiner la copie d'Athènes, la Commission a envoyé un coup de semonce à Athènes en démentant l'existence à ce stade d'un accord entre Athènes et la troïka de ses créanciers (Union européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne), qui négocient depuis quatre mois, contrairement à ce qu'avait annoncé mardi le premier ministre grec, Antonis Samaras.

«Nous sommes en train de réduire de manière continue le nombre de questions à régler», a déclaré à la presse un des porte-parole de la Commission, Simon O'Connor. Il s'est dit «confiant dans le fait qu'un accord intervienne bientôt au niveau technique».

Zone euro: des «progrès»

La zone euro a elle appelé mercredi les autorités grecques à tout mettre en oeuvre pour «rapidement finaliser les négociations avec la troïka», après avoir fait état de «progrès» concernant les économies qu'Athènes doit réaliser pour assurer son avenir, a indiqué un bref communiqué émanant des services de Jean-Claude Juncker, le chef de l'Eurogroupe.

Côté économies budgétaires, sur le total prévu par la Grèce à la demande de ses créanciers, 7,6 milliards proviennent de coupes dans les retraites, salaires de la fonction publique et aides sociales, les retraités étant les plus gros contributeurs à l'effort (4,68 milliards) via un recul de deux ans envisagé de l'âge de départ en retraite (67 ans au lieu de 65). Le budget prévoit aussi près de deux milliards de hausse des recettes.

Soit un effort d'économie exactement conforme aux engagements pris par la Grèce, malgré les difficultés de négociation au sein de la coalition gouvernementale droite gauche et le risque d'explosion sociale. Il permettra de réduire le déficit budgétaire à 5,2% du PIB au lieu de 6,6% attendu en 2012, mais s'inscrit dans un paysage économique totalement dévasté en Grèce, qui connaîtra l'an prochain sa sixième année consécutive de récession.

Le PIB devrait ainsi chuter de 4,5%, selon les projections du gouvernement, contre -6,5% attendu en 2012 tandis que la dette devrait exploser à 189,1% du PIB, soit 346,2 milliards d'euros, contre 175,6% attendu en 2012.

Grève générale de 48 heures

De leur côté, les deux principaux syndicats grecs ont appelé mercredi à une grève générale de 48 heures, les 6 et 7 novembre. Ils souhaitent protester contre la série de mesures d'austérité sur lesquelles le parlement doit se prononcer la semaine prochaine.

«Nous ferons grève pour empêcher le parlement d'adopter ces mesures», a déclaré Ilias Iliopolos, secrétaire général de la Confédération des syndicats de la fonction publique (Adedy). «Nous ne permettrons pas au gouvernement de faire plus de mal aux Grecs.» Dans le secteur privé, la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE), le plus important syndicat du pays, appelle également à la grève.

Feu vert au Portugal

Au Portugal, le parlement a lui adopté mercredi la proposition de budget pour 2013 du gouvernement de centre-droit, tenu d'accentuer la politique d'austérité menée sous la tutelle de ses créanciers en dépit d'un mécontentement grandissant. Les socialistes se sont opposés au texte.

Le budget pour l'an prochain, qui prévoit entre autres une augmentation des impôts sur le revenu et l'immobilier ainsi qu'une nouvelle taxe sur les transactions financières, va désormais être discuté en commissions. Le vote définitif est prévu le 27 novembre. Les syndicats ont appelé à une grève générale le 14 novembre.

L'objectif est de ramener le déficit public à 4,5% du PIB, contre un objectif de 5% cette année. Le texte devrait toutefois faire l'objet de recours devant la Cour constitutionnelle portugaise, ce qui risque de prolonger l'incertitude sur sa mise en application. Et les experts sont partagés sur l'issue de ces recours.

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