Bilan

La marge de manœuvre des banques centrales est de plus en plus limitée

Alors que les taux d’intérêt sont déjà faibles, les assouplissements attendus ne suffiront pas à stimuler des économies affaiblies.

Politique monétaire Dans un contexte d’intensification des tensions commerciales et de détérioration des données macroéconomiques, les mesures de soutien seront probablement un facteur clé pour l’économie mondiale et les marchés financiers. Toutefois, le peu de marge de manœuvre dont disposent les autorités monétaires et les attentes du marché donnent à penser que la capacité des banques centrales à compenser la faiblesse induite par le commerce sera probablement limitée. Le recours à la politique fiscale, qui pourrait en revanche être plus efficace, est peu probable, étant donné que les Etats-Unis ont déjà utilisé leur arsenal et que l’Europe manque de volonté politique. Par conséquent, les mesures de soutien pourraient s’avérer insuffisantes pour contrebalancer l’impact d’une nouvelle escalade dans le bras de fer commercial sino-américain.

Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale (Fed) a procédé à sa première baisse de taux en juillet. Nous prévoyons désormais trois autres baisses de 25 points de base d’ici au début 2020. Cependant, compte tenu des faibles niveaux de rendement et de la faible sensibilité aux taux d’intérêt des investissements des entreprises et du secteur du logement, l’impact de l’assouplissement de la Fed pourrait s’avérer décevant.

En Europe, la BCE a adopté mi-septembre une panoplie de mesures: baisse du taux directeur à -0,5%, relance du programme d’achats d’actifs à hauteur de 20 milliards d’euros par mois jusqu’à ce que l’inflation converge vers 2%, adoption d’un système de taux palier afin de compenser l’impact des taux négatifs sur les banques, et conditions plus généreuses pour les opérations de refinancement à long terme des banques. Ces mesures devraient aider à limiter le ralentissement de la zone euro, mais la BCE a été très claire sur son incapacité à relancer l’activité économique à elle seule, et a insisté sur la nécessité d’un soutien fiscal.

En Chine, le yuan a franchi, pour la première fois depuis 2008, le seuil psychologique de
7 yuans pour 1 dollar. Nous estimons que ce mouvement résulte davantage de la réduction du soutien au yuan que d’un affaiblissement intentionnel de la monnaie. Les chiffres des réserves de change semblent en effet indiquer une absence d’intervention de la Banque populaire de Chine en juillet. Si la volonté des autorités chinoises de laisser leur devise s’affaiblir complique les relations sino-américaines, il s’agit d’un outil simple qui pourrait aider à compenser une partie de l’impact causé par les taxes douanières.

Enfin, la croissance des marchés émergents a sensiblement ralenti. Les banques centrales de ces pays disposaient d’une plus grande marge de manœuvre que celles des pays développés au début de l’année. Conjugué à la politique accommodante de la Fed et à la faible inflation intérieure, cela a entraîné une vague de baisses de taux dans 12 des 18 principaux pays émergents. Toutefois, il est difficile d’être optimiste quant aux perspectives de croissance de ces marchés sans une percée significative dans les négociations commerciales sino-américaines. En effet, il existe une forte corrélation entre la dynamique du commerce mondial et la croissance des économies émergentes. Les craintes de récession pourraient aussi contraindre les banques centrales à inverser leur orientation accommodante afin de compenser les pressions à la baisse sur les monnaies.

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