Bilan

La révolution fintech reste séduisante

Le secteur des technologies financières offre des opportunités d’investissement toujours plus vastes et diversifiées. De nombreuses sociétés se traitent encore à des valorisations attrayantes. Martin Moeller*

Le segment des paiements mondiaux semble particulièrement intéressant à suivre.

Crédits: John Lamb/Getty images

Après le revers subi dans un contexte de marché difficile au 4e trimestre 2018, les technologies financières (fintech) ont regagné en vigueur en 2019. Malgré cette performance, de nombreuses sociétés se traitent à des valorisations attrayantes et peuvent être classées dans le style «croissance à un prix raisonnable» (GARP). Les fintechs cotées génèrent quelque 576 milliards de dollars de revenus, avec des marges opérationnelles allant jusqu’à 60%. Cette thématique correspond à près de 3% de l’indice MSCI AC World, soit une pondération supérieure à celle du secteur de l’immobilier.

En dépit d’une croissance rapide de la fintech ces dernières années, le taux d’adoption – notamment la pénétration des services bancaires mobiles simples – est de seulement 33% à l’échelle globale. Le secteur offre une exposition à des pans de l’économie mondiale où les services bancaires auraient sinon été absents ou sous-représentés, surtout dans des marchés émergents comme la Chine et l’Inde, qui affichent des taux d’adoption supérieurs à ceux des marchés développés. La fintech devrait faciliter l’augmentation du taux de pénétration global de l’e-commerce et donc en tirer parti. La part des ventes au détail totales effectuées sur internet est attendue en hausse, de 12% actuellement à 18% d’ici à 2021.

Surfer sur les paiements

Le secteur englobe différents domaines comme les paiements mondiaux, les infrastructures IT financières,
les réseaux et la sécurité, les données et analyses, l’«InsurTech» et le «RegTech», ou encore des plateformes innovantes contribuant à redessiner le paysage financier mondial. Le segment des paiements semble particulièrement intéressant. Il permet de bénéficier d’opportunités d’investissement via des sociétés profitables affichant des taux de croissance élevés, grâce au fait que les paiements par carte ou automatisés continuent de gagner des parts de marché par rapport aux paiements en espèces. 85% des transactions mondiales s’opèrent toujours au travers d’espèces ou de chèques, d’où un fort potentiel de hausse pour le taux de pénétration. Les revenus issus du segment des paiements ont démontré leur capacité de résistance dans les périodes de croissance économique plus faible. L’usage sur ce segment connaît une tendance haussière séculaire venant compenser de potentiels freins cycliques.

La dynamique positive de revenus enregistrée par les paiements permet aux entreprises leaders sur ce marché de bénéficier d’économies d’échelle et d’améliorer leurs marges, ce qui renforce encore leur profitabilité. Les acteurs majeurs dans ce domaine génèrent un solide cash-flow, des marges opérationnelles de 45 à 63%, et des taux de croissance des revenus attendus de plus de 10% à moyen terme.

Autres segments offrant des opportunités attractives: les infrastructures IT financières, les réseaux et la sécurité. A l’heure où des services comme le «Banking as a Platform» (BaaP) et le «Banking as a Service» (BaaS) ne cessent de gagner du terrain, certaines sociétés de services et de logiciels pourraient générer une croissance des revenus supérieure à 10%. Et les marges opérationnelles pourraient atteindre 27% pour les investisseurs, avec une faible intensité du capital et un fort rendement interne du capital investi (cash-flow return on investment – CFROI).

L’univers de la fintech continue à assister à des introductions en bourse (IPO) et à des fusions-acquisitions fréquentes. Les deux transactions les plus importantes sur 2019 ont impliqué des sociétés affichant une capitalisation de respectivement 50 et 30 milliards de dollars. L’année 2020 devrait voir de nouvelles IPO importantes avec les grandes sociétés effectuant une spin-off de leurs opérations de paiement. La société Ant Financial du géant de l’e-commerce Alibaba pourrait atteindre une valorisation de 50 milliards de dollars, tout comme Uber lors de son entrée en bourse en 2019.

*Codirecteur de Swiss & Global Equity à l’Union Bancaire Privée (UBP)

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