Bilan

La Banque Mirabaud se prépare à la reprise des marchés

En une année à peine, le banquier privé genevois a engagé 19 nouveaux cadres. Plongée dans une institution qui se renouvelle.

Cela bouge à la Banque Mirabaud. Sans se laisser démonter par la morosité ambiante, le banquier privé genevois, fondé en 1819, poursuit sa mue entamée il y a plus de dix ans. Une mue dont la partie la plus visible est l’engagement, en quelques mois, de 19 nouveaux cadres, notamment dans les domaines de la fiscalité, du risque, des produits et de la compliance. «En 1999, nous avons vu arriver des changements majeurs dans notre métier, explique Antonio Palma, le CEO de la banque. Secret bancaire, réglementations, mondialisation, tout se transformait. Nous avons alors perçu la nécessité de nous internationaliser et de nous professionnaliser.» Première étape, rénover la gouvernance de la banque en passant d’une institution gouvernée par des banquiers gérants de fortune à une banque gérée par des entrepreneurs. «En 2000, nous avons ainsi créé un comité exécutif avec l’idée qu’il fallait distinguer la notion de propriété de la notion de management, poursuit le CEO. Ce n’est pas parce qu’on est propriétaire d’un établissement qu’on est censé tout maîtriser.» La deuxième étape a consisté à lancer, en 2006, la marque unique Mirabaud. Et, troisième étape, en 2010: organiser la banque en trois lignes de métiers distinctes, chacune avec son identité et ses compétences: la gestion privée, tournée vers la gestion discrétionnaire et de portefeuille, l’asset management, avec la gestion institutionnelle et la distribution de fonds, et enfin l’intermédiation active dans les services aux entreprises. En même temps, la banque s’est développée à marche forcée à l’international. Entre 2003 et 2009, elle s’est implantée à Paris, Bâle, Dubaï, Madrid, Barcelone et Luxembourg.

«Les projets fourmillent»  

Afin de soutenir cette mue, encore fallait-il disposer des bonnes compétences. «Les personnes sont notre seul atout pour résister face à l’adversité due à la volatilité des marchés ou au durcissement du cadre réglementaire et de la concurrence, souligne Lionel Aeschlimann, associé et responsable de l’asset management. C’est la principale raison de ces engagements.» C’est ainsi que l’encadrement de la banque s’est enrichi de toute une génération de trentenaires et quadragénaires, qui viennent pour la plupart d’autres domaines que la finance pure, amenant ainsi un vent frais. C’est le cas de Camille Vial, 34 ans, titulaire d’un master en mathématiques de l’EPFL, et de Lionel Aeschlimann, 46 ans, anciennement avocat, entrés au collège des associés en 2011 et 2010 respectivement. Ou de Cédric Anker, l’ancien CEO de Vontobel, ainsi que de Jérôme Desponds qui, issu du cabinet  Ernst & Young, viendra compléter l’équipe en mars 2013. Le nouveau DRH de la banque, Fabien Smadja, était formateur en management. «C’est suite à une discussion informelle avec un associé de la banque que je me suis porté candidat pour ce poste, dit-il. J’ai été attiré par l’esprit d’entreprenariat qui règne ici. Les projets fourmillent.» Reste à consolider cette nouvelle structure. «Aujourd’hui, nous sommes au même niveau d’actifs qu’avant la crise de 2007. Par contre, leur rentabilité est moindre qu’à l’époque, conclut Antonio Palma. C’est pourquoi nous allons lancer de nouveaux produits pertinents, comme un fonds global à haut rendement. Mais aussi des produits d’allocation d’actifs flexibles.» Il est convaincu que les marchés repartiront. «A ce moment-là, nous serons positionnés pour en conquérir de nouvelles parts.»

 

En chiffres

25 milliards de francs suisses en dépôt 620 collaborateurs

Credits photos: Pascal Frautschi/EOL

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."