Bilan

La Birmanie accorde des licences à des banques étrangères

La banque centrale birmane a décidé d'ouvrir le système bancaire du pays à neuf établissements étrangers d'Asie-Pacifique, auxquels des restrictions s'appliquent toutefois.

Aujourd'hui, la Birmanie compte quatre banques d'État et une vingtaine de banques privées, autorisées seulement depuis 1990. Mais le secteur est faible, notamment en raison de l'héritage des politiques d'inspiration socialiste de la junte arrivée au pouvoir en 1962, qui avait nationalisé le secteur.

Crédits: DR

La Banque centrale de Birmanie a annoncé mercredi l'"approbation préliminaire" de ses premières licences d'exploitation à des banques étrangères, dans un pays au système bancaire en expansion mais fragile après des décennies d'isolement.

Les neuf banques sélectionnées sont toutes basées en Asie-Pacifique, notamment l'australienne ANZ, le géant chinois ICBC (Industrial and Commercial Bank of China) ou le japonais Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ.

L'"approbation préliminaire pour préparer le début des opérations bancaires" est valable pour 12 mois pendant lesquels les entreprises choisies devront respecter les engagements pris lors de leur candidature, a précisé la Banque centrale dans un communiqué.

Consciente que son développement économique passera nécessairement par la transformation complète de son secteur bancaire, la Birmanie planche depuis des mois sur une réforme de ce dernier. La première étape a été l'entrée en vigueur en 2013 d'une nouvelle loi qui octroie plus d'indépendance à la Banque centrale.

Alors que les banques locales s'inquiètent de la concurrence des banques étrangères, le vice-gouverneur de la Banque centrale Set Aung avait assuré en juin devant le Parlement que les licences alors en préparation seraient accompagnées de restrictions.

Ses restrictions devaient inclure l'interdiction de services aux particuliers, l'interdiction d'ouvrir plus d'une agence dans le pays et l'imposition d'un minimum de 75 millions de dollars de capital.

Il n'était pas clair dans l'immédiat mercredi si ces clauses étaient bien contenues dans les licences.

Jusqu'à maintenant, les banques étrangères n'étaient autorisées qu'à ouvrir un bureau de représentation sans pouvoir mener d'opérations. Selon le site internet de la Banque centrale, 43 d'entre elles disposent de l'autorisation d'avoir un tel bureau en Birmanie, soit environ quatre fois plus qu'avant la dissolution de la junte en 2011.

Le pays compte quatre banques d'État et une vingtaine de banques privées, autorisées seulement depuis 1990. Mais le secteur est faible, notamment en raison de l'héritage des politiques d'inspiration socialiste de la junte arrivée au pouvoir en 1962, qui avait nationalisé le secteur.

En 2003, une crise bancaire avait d'autre part provoqué la faillite des officines de prêts informelles et la ruée des épargnants sur les banques. La pénurie de kyat avait paralysé une économie dominée par les espèces.

Plus de dix ans plus tard, le traumatisme perdure et la plupart des Birmans, qui ne font pas confiance au système bancaire, n'ont pas de compte en banque.

Depuis la dissolution de la junte en mars 2011, le gouvernement quasi-civil a entraîné le pays dans un tourbillon de réformes politiques et économiques, attirant l'attention des investisseurs après un demi-siècle de dictature militaire.

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