Bilan

La BNS rejette les critiques sur sa politique monétaire

La Banque nationale suisse (BNS) défend bec et ongles le taux plancher de 1,20 franc pour un euro, alors que plusieurs critiques ont été récemment émises.
«Notre politique monétaire ne crée de lien ni avec l'euro, ni avec la zone euro ou l'UE», souligne Thomas Jordan, le président de la Banque nationale suisse (BNS).

«Il y n'a pas d'obligation à maintenir indéfiniment ce cours plancher mais pour l'instant, c'est un instrument de politique monétaire nécessaire pour remplir notre mandat», déclare Thomas Jordan dans un entretien à paraître samedi dans «Le Temps».

Le Biennois rejette fermement les accusations selon lesquelles la BNS manipule les marchés en achetant de la dette de certains pays au détriment d'autres. «Nous sommes très prudents avec nos placements pour ne pas avoir d'impact sur les écarts de taux en Europe ou les autres taux de change», assure-t-il.

«Le terme de manipulation est totalement incorrect», estime Thomas Jordan. «L'objectif du cours plancher ne consiste pas à obtenir un avantage à l'égard des autres pays mais d'amoindrir un désavantage», relève-t-il.

La BNS a été contrainte d'acheter massivement des euros afin de défendre le taux plancher, en vigueur depuis septembre 2011. La somme du bilan de l'institut d'émission monétaire s'est accrue depuis le début de l'année de 158 milliards pour atteindre 509 milliards de francs à fin septembre.

Diversification du portefeuille

Profitant de la récente accalmie autour du taux plancher, la Banque nationale a réduit ces derniers mois la part de ses placements en euros. A fin septembre, ceux-ci atteignaient 49% de l'ensemble de ses placements de devises, contre une part de 60,1% trois mois plus tôt.

Thomas Jordan explique que la BNS place ses devises en vertu de trois critères: la sécurité, la liquidité et le rendement. «Avec l'expansion de notre bilan, nous avons décidé d'accroître le nombre de monnaies et d'instruments répondant à ces trois critères», précise-t-il.

La BNS n'est du reste pas prête d'abandonner le taux plancher. «La durée du maintien du cours plancher dépend de la situation internationale», rappelle Thomas Jordan. Selon lui, «toute discussion portant sur un 'exit' serait prématurée».

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