Bilan

La Comco enquête sur une éventuelle entente dans les devises

La Commission de la concurrence a annoncé lundi mener une enquête sur d'éventuelles ententes sur le marché des changes entre instituts bancaires.

Les autorités suisses avaient ouvert une enquête préalable dans la même affaire fin septembre 2013.

Crédits: Keystone

La Commission de la concurrence (COMCO) a annoncé lundi avoir ouvert une enquête sur d'éventuelles ententes sur le marché des changes entre instituts bancaires. Les établissements suisses concernés ont indiqué coopérer avec les autorités. Des régulateurs de plusieurs pays ont lancé des enquêtes sur ce dossier.

Le gendarme de la concurrence vise notamment UBS, Credit Suisse, la Banque cantonale de Zurich (ZKB), Julius Bär, JP Morgan Chase, Citigroup, Barclays Bank et Royal Bank of Scotland. D'autres établissements pourraient être touchés.

"Il existe des indices selon lesquels des ententes auraient été conclues entre ces banques sur le cours de devises", a indiqué la COMCO dans un bref communiqué.

Selon le régulateur, "les comportements soupçonnés concernent en particulier l'échange d'informations sensibles et la coordination générale dans l'achat et la vente de devises à des cours influencés, des opérations coordonnées dans l'optique d'influencer la fixation du WM/Reuters ainsi que la coordination dans l'achat et la vente de devises face à des parties adverses déterminées".

La COMCO a estimé que "les cours des plus importantes devises ont été concernés", sans plus de précision.

Interrogé par AWP, un porte-parole de Julius Bär a indiqué que le gestionnaire de fortune n'avait pas constaté de comportement abusif au sein de son établissement sur le marché des changes et qu'il coopérait avec la COMCO. La Banque cantonale de Zurich (ZKB) a également souligné qu'elle allait coopérer avec les enquêteurs, soulignant toutefois qu'elle ne jouait qu'un rôle mineur sur le marché des devises.

UBS n'a pas souhaité commenter cette annonce, renvoyant à son rapport annuel publié en mars. Le groupe avait alors indiqué avoir mené une enquête interne sur ses activités de devises, notamment sur ses activités de métaux précieux. La banque avait précisé avoir reçu des demandes de plusieurs régulateurs et collaborer avec eux.

Credit Suisse s'est quant à elle déclarée "surprise" par les "allégations" faites par la COMCO. "Le communiqué de presse comporte des références incorrectes à Credit Suisse", a estimé le groupe, ajoutant que les allégations étaient "inappropriées" et "nuisibles à (sa) réputation". La banque zurichoise s'est néanmoins engagée à coopérer avec les autorités.

La COMCO a pourtant insisté sur l'implication de Credit Suisse, indiquant détenir des éléments démontrant une participation de l'établissement.

ENQUÊTE INTERNATIONALE

L'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) avait annoncé en octobre 2013 mener des investigations auprès de plusieurs établissements financiers suisses quant à de possibles manipulations des cours des monnaies étrangères. Le gendarme des marchés financiers coordonne ses efforts avec des autorités étrangères, plusieurs banques étant potentiellement impliquées au niveau international.

Aux Etats-Unis, le régulateur des services financiers de New York, Benjamin Lawsky, a demandé des informations à une douzaine de banques dans le cadre d'une enquête sur des manipulations supposées de l'énorme marché des changes, avait indiqué début février à l'AFP une source proche du dossier.

L'enquête vise notamment Société Générale, Goldman Sachs, Deutsche Bank, Barclays, Lloyds Bank, RBS et Standard Chartered.

Les enquêteurs américains soupçonnent une entente illicite entre traders, qui auraient utilisé des forums de discussion sur internet et des messageries instantanées pour influencer le taux de référence quotidien WM/Reuters. Cet outil est déterminé à intervalles réguliers pour 160 monnaies, par le calcul de la médiane des transactions réalisées pendant soixante secondes.

Le scandale a éclaté au printemps 2013 quand l'Autorité de conduite financière (FCA) britannique a lancé une enquête sur ce marché, dont les transactions se montent chaque jour à plus de 5000 mrd USD. Les investigations sont menées sur trois continents - l'Europe, l'Asie et l'Amérique - et se conjuguent avec les enquêtes internes des banques qui ont suspendu plusieurs cambistes.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."