Bilan

La croissance faible favorise le high yield

Avec une rentabilité bien meilleure à celle des emprunts d’Etat, les obligations à haut rendement continuent à attirer les investisseurs. Le taux de défaut devrait rester bas cette année.
  • Ralph Gasser, spécialiste produit marché obligataire: «Un faible taux de croissance permet d’éviter les comportements entrepreneuriaux risqués.» Crédits: Dr

Le marché des obligations high yield (à haut rendement) a prospéré avec la crise financière. On décompte 781 émissions en janvier 2013 contre 263 émissions il y a douze ans, selon Fidelity. En comparaison avec les emprunts d’Etat ou les obligations de meilleure qualité, l’attrait principal de ces titres provient de rendements plus élevés. D’ici à la fin de l’année, on estime ces derniers à environ 5-6%. On est bien au-delà de ceux des obligations gouvernementales à dix ans qui approchent plutôt les 2%.

En revanche, ces titres présentent une sécurité moindre, car ils sont émis par des sociétés moins sûres selon les agences de notation. En effet, une obligation à haut rendement offre un rating inférieur à des titres dits investment grade (notés de AAA à BBB-), car elle comporte plus de risques de défaut de paiement. 

«Les obligations high yield sont intéressantes en période de croissance économique modérée. Quand la croissance est forte, les sociétés agissent de manière moins raisonnable. Par exemple, en accentuant les dépenses, en se lançant dans des fusions et acquisitions. Ainsi elles prennent plus de risques et augmentent leur probabilité de faire défaut. A l’inverse, un faible taux de croissance permet d’éviter ces comportements entrepreneuriaux», explique Ralph Gasser, spécialiste produit marché obligataire chez Swiss & Global Asset Management. Le taux de défaut des obligations high yield devrait rester bas cette année.

Selon l’étude annuelle de défaillance des entreprises européennes de Standard & Poor’s, le taux de défaut des entreprises européennes en 2012 s’affiche en légère hausse à 2,22% contre 1,57% en 2011. Il s’élève à 2,59% aux Etats-Unis.

Préférer le court terme

Depuis la crise, de nombreuses sociétés ont été moins bien notées par les agences et ont dû se tourner vers les obligations à haut rendement pour se financer. Notamment le secteur de l’automobile (Ford, General Motors), qui représente un grand émetteur d’obligations. Celles-ci offrent une solution de financement en période de conjoncture difficile où le crédit traditionnel est moins accessible. Le marché du high yield représente une manière de développer une entreprise à des coûts intéressants. «Aujourd’hui, il est plus facile d’émettre une obligation à haut rendement que d’obtenir un emprunt bancaire», confirme Ralph Gasser. 

Les Etats-Unis se démarquent avec un marché obligataire high yield beaucoup plus important et plus liquide qu’en Europe. La majorité des entreprises américaines qui ont retrouvé un rythme de croissance passe par ce marché. La difficulté réside dans le choix des titres. Une fois de plus, les spécialistes recommandent d’investir plutôt à court terme avec une approche sélective qui s’appuie sur des fondamentaux solides. 

Patricia Meunier

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