Bilan

La dette émergente reste attractive

Investir dans les pays émergents peut se révéler intéressant, surtout lorsque l’investissement se fait en monnaie locale. Mais attention à ne pas sous-estimer certains risques. Explications.

Le moment est-il adéquat pour investir dans des fonds misant sur les obligations des pays émergents? Les réponses des spécialistes sont nuancées. D’un côté, on pointe les atouts de ces pays (forte croissance, dette réduite par rapport à l’Europe et aux Etats-Unis). De l’autre, on n’hésite pas à relever que les risques en termes de rendement sur ces produits sont souvent sous-estimés.

C’est le cas de la Banque Syz & Co, qui relève que malgré les efforts accomplis depuis les années 1990, tous les risques n’ont pas été éradiqués sur les marchés émergents. Qu’ils soient liés à des facteurs politiques, par exemple en Egypte, à l’endettement des ménages au Brésil, au dérapage de l’inflation en Inde ou à une surchauffe du marché immobilier en Chine.

A cela s’ajoutent d’autres inconnues, dont la difficulté de savoir si la croissance va continuer de progresser au même rythme dans ces régions.

Dès lors, la question se pose de savoir si les placements dans la dette émergente sont suffisamment rémunérés en fonction des risques encourus. Une forte croissance et une dette gouvernementale limitée ne suffisent pas pour garantir un «futur paisible» sur les obligations de ces pays, rappelle la banque.

L’établissement souligne que les obligations gouvernementales à dix ans libellées en dollars ont atteint un rendement à échéance de 2,4% pour le Mexique, d’un peu moins de 3% pour l’Indonésie et de 3,3% pour la Turquie, contre 4,7% pour l’Italie, 5,4% pour le Sénégal, 6,9% pour l’Egypte et près de 7,9% pour l’Ukraine.

Responsable des investissements chez Piguet Galland, Daniel Varela estime pour sa part qu’il faut bien distinguer deux cas de figure: lorsque la dette est émise en dollars ou en euros et lorsqu’elle est émise dans une monnaie locale. Dans le premier cas, la prime de risque se serait considérablement réduite. Les investisseurs se montrant toujours plus confiants envers ces marchés, l’attractivité tendrait à se réduire en raison de l’offre et de la demande.

Dans le second cas, en revanche, les rendements peuvent se révéler plus avantageux dans la mesure où ils dépendent de la politique monétaire des banques centrales de ces pays. C’est le cas notamment au Brésil, au Mexique ou en Chine, bien que l’accès à ce dernier marché soit plus difficile. 

Un fonds spécifique en Suisse

Dernièrement, la Banque de commerce et de placements a lancé en Suisse un fonds spécifique misant sur les marchés obligataires émergents. Intitulé BCP Emerging Markets Fixed Income Fund, ce fonds investit dans des obligations et d’autres titres de créances émis dans des pays émergents.

L’objectif de ce fonds consiste à réunir les émissions proposant le meilleur couple rendement/risque, tout en soignant la diversification, notamment en termes géographiques. Le fonds se répartit à 57% en Europe de l’Est et en Europe centrale, 30% en Asie et 13% en Amérique latine. 

Afin de modérer le risque, la duration moyenne des positions s’élève à 3,5 années. Les frais de gestions’élèvent au maximum à 2%, une commission supplémentaire de 10% étant prélevée sur la partie de la performance excédant l’indice de référence.

William Türler

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