Bilan

La FINMA appelle les banques à plus d'auto-discipline

Le nouveau directeur de la FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers), Mark Branson, appelle les banques à accorder une plus grande attention à la gestion des risques.

"Nous avons vu de nombreux exemples de comportements commerciaux inacceptables", a déclaré M. Branson mardi à Berne à l'occasion de la conférence de presse annuelle de la FINMA.

Crédits: AFP

L'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) appelle les banques à accorder une plus grande attention à la gestion des risques et à l'auto-discipline. Son nouveau directeur, Mark Branson, enjoint le management des établissements bancaires à "joindre le geste à la parole".

La confiance dans la branche financière a été mise à mal par la crise de 2008, mais par la suite, "nous avons vu de nombreux exemples de comportements commerciaux inacceptables", a déclaré M. Branson mardi à Berne à l'occasion de la conférence de presse annuelle de la FINMA.

Des affaires "spectaculaires" comme des spéculations hasardeuses, l'ingérence dans les cours des titres, l'assistance à des délits fiscaux à l'étranger, les manipulations de devises ou d'indices ont ébranlé la confiance du grand public, des politiques et des marchés à l'égard des banques, a-t-il relevé. Leur point commun est une non-maîtrise des risques opérationnels.

"Il est illusoire de penser qu'on peut empêcher une crise d'éclater". Mais les établissements bancaires doivent faire preuve de davantage d'auto-discipline, identifier les possibles risques internes et mener ses propres contrôles, a plaidé le directeur de la FINMA en fonction officiellement depuis le 1er avril. Au sein de l'entreprise, il doit être clair que des profits réalisés indûment ne sont pas souhaitables et ne seront pas récompensés.

DIRECTION MODÈLE

"Le rôle de modèle que joue la direction de l'entreprise dans toutes les questions relevant d'un comportement commercial correct est central", a-t-il ajouté. Les salaires importants que touchent les membres dirigeants des banques donnent toutefois un signal dangereux en ces années de scandale, a poursuivi le directeur du gendarme des marchés financiers.

"Nous sommes conscients que la simple prévention ne suffit pas", a-t-il relevé. C'est pourquoi la FINMA est aussi intervenue par des sanctions et des mesures correctives et elle continuera à le faire, a martelé le Britannique.

Questionné sur le cas concret de Credit Suisse, M. Branson a défendu l'attitude des dirigeants du numéro deux bancaire helvétique après la condamnation et l'amende record attribué à leur établissement par les Etats-Unis. Le comportement inadéquat d'une banque comme l'aide à la fraude fiscale ne suffit pas à demander la démission du président du conseil d'administration ou du directeur, selon lui.

Mais il n'est pas du ressort de la FINMA de porter un "jugement politique" sur la question de savoir qui est responsable d'un modèle commercial pratiqué depuis des dizaines d'années en Suisse et qui a été aussi toléré par les autorités et le monde politique. "Notre fonction est de détecter un comportement fautif, de garantir qu'il ne se reproduira pas et de sanctionner les personnes directement impliquées.

Les actionnaires ont aussi la possibilité de réagir dans de tels cas, a renchéri la présidente du conseil d'administration de la FINMA Anne Héritier Lachat.

Dans son exposé, cette dernière s'est félicitée du travail de l'institution depuis sa création il y a cinq ans et demi. Le système de la surveillance helvétique a dans son ensemble fait ses preuves et a obtenu une reconnaissance internationale, selon elle.

"Nous disposons actuellement des ressources requises pour accomplir notre tâche et nous avons encore une marge de manoeuvre suffisante", a indiqué Mme Héritier Lachat, tout en reconnaissant que la FINMA a aussi recours à des tiers.

L'Autorité de surveillance des marchés financiers et des assurances comptait 468 postes à plein temps à fin 2013, soit à peu près la moitié de plus comparé à son entrée en matière en janvier 2009. Les dépenses de personnel représentent toujours la plus grande partie des charges, à savoir 80%.

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