Bilan

La liste des clients de HSBC aux mains de treize pays

Là, ça commence à faire vraiment beaucoup.» C’est le commentaire d’un cadre de la banque HSBC à Genève lorsqu’il constate le nombre de pays auxquels le Gouvernement français a transmis la fameuse liste dérobée par l’ancien informaticien Hervé Falciani. Paris ne s’est pas longtemps posé la question de savoir si le fait que ces informations aient été acquises de façon illégale l’empêchait d’en faire la publicité autour d’elle, et de préférence aux pays soucieux de combattre l’évasion fiscale. Tout au plus, les Français avaient-ils promis au Conseil fédéral qu’ils l’avertiraient à chaque fois que la liste serait transmise à un pays tiers. «Ils n’ont réellement commencé à le faire qu’à partir du mois de septembre de cette année, commente le même cadre de la banque HSBC. Il a fallu aux Suisses se rappeler bien souvent au bon souvenir de leurs homologues à Paris pour que ces derniers consentent enfin à honorer leur promesse.»

C’est ainsi que, à mi-septembre, les autorités françaises ont informé Berne qu’elles avaient désormais remis la fameuse liste à la Grèce et à la Finlande, comme le confirme Mario Tuor, du Secrétariat d’Etat aux questions financières internationales. Désormais, ce ne sont pas moins de 13 pays qui ont reçu les données volées par Hervé Falciani, toujours réfugié dans son pays, la France: l’Australie, la Belgique, le Canada, l’Irlande, l’Italie, l’Espagne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce, les Pays-Bas.

De son côté, la banque a désormais informé tous ses clients concernés par cette affaire, soit 35 000 personnes en tout, dont 15 000 clients actuels et 20 000 anciens détenteurs de compte. Si HSBC affirme ignorer combien de particuliers ont décidé de quitter ses rangs après cette affaire, on peut tout de même dire qu’elle a enregistré des sorties de 600 millions d’euros de la part de clients européens au premier semestre, alors qu’elle enregistrait un afflux brut de capitaux de 5,8 milliards de francs dans la même période. D’autre part, ses responsables continuent de croire que l’essentiel des données dérobées est illisible et probablement inexploitable, du moins s’ils se fient au matériel, encore partiel, qu’ils ont reçu de la part du Ministère public de la Confédération.

Pierre-Yves Frei

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