Bilan

La liste des intérêts de Johann Schneider-Ammann était lacunaire

Lorsqu'il était conseiller national, Johann Schneider-Ammann n'avait pas mentionné toutes les entreprises "offshore" de son groupe. Le conseiller fédéral examine maintenant les raisons de ces lacunes.

La question de savoir si Johann Schneider-Ammann a omis de mentionner ces mandats sciemment ou par négligence reste sans réponse pour l'instant.

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Lorsqu'il était conseiller national, Johann Schneider-Ammann n'avait pas mentionné toutes les entreprises "offshore" de son groupe dans le registre dans lequel les parlementaires doivent déclarer leurs intérêts. Le conseiller fédéral examine maintenant les raisons de ces lacunes, a dit un porte-parole dimanche.

Ces manquements ont été révélés par la "SonntagsZeitung" et "Schweiz am Sonntag". Selon leurs informations, le conseiller national d'alors a mentionné correctement son mandat au conseil d'administration de l'entreprise Manilux au Luxembourg jusqu'en 2003. Mais cette indication a ensuite disparu de la liste de ses liens d'intérêts.

Cette société financière luxembourgeoise servait d'outil d'optimisation fiscale au groupe Ammann. Une autre entreprise sise à Jersey avait la même fonction; elle manquait aussi dans la liste des intérêts du conseiller national libéral-radical bernois.

"Le conseiller fédéral Schneider-Ammann va examiner pourquoi ces mandats ne figuraient pas ou pas de manière permanente dans le registre", a dit à l'ats Ruedi Christen, le porte-parole du Département fédéral de l'économie (DEFR). Il s'agira aussi de clarifier si les filiales d'une entreprise doivent y être mentionnées.

La question de savoir si Johann Schneider-Ammann a omis de mentionner ces mandats sciemment ou par négligence reste sans réponse pour l'instant. Son porte-parole Ruedi Christen n'a pas souhaité prendre position sur les reproches de manque de transparence exprimés par certains politiciens dans la presse dominicale.

Maintenir des emplois

Dans des interviews parues dans la presse ce week-end, le conseiller fédéral a pris position sur les critiques concernant l'optimisation fiscale de l'entreprise qu'il a conduite jusqu'à son élection au gouvernement. Il explique que le groupe Ammann a gagné de l'argent, déclaré de l'argent au fisc et "parqué de l'argent comme réserve dans un endroit fiscalement avantageux". Cela a permis de financer le développement de l'entreprise et de maintenir 1300 emplois à Langenthal (BE).

"La famille Ammann n'a jamais prélevé un franc à des fins privées dans ces réserves", a-t-il répété. Il s'est agi d'une optimisation dont les autorités fiscales avaient connaissance. L'entreprise a utilisé une possibilité autorisée par l'Etat.

"Rien d'immoral"

Optimiser des impôts n'a "rien d'immoral", estime le ministre de l'économie. Pour lui, il s'agit d'une "attaque politique" visant à détruire son image parce qu'il s'est toujours engagé pour le libéralisme.

La cheffe du groupe parlementaire PLR Gabi Huber abonde dans le même sens. Dans une interview accordée à la "Zentralschweiz am Sonntag", elle estime que les critiques visent en fin de compte à affaiblir la place économique libérale helvétique. Selon elle, la campagne est menée sur le plan de la moralité, faisant fi des faits réels.

Vendredi, le groupe Ammann avait annoncé qu'après enquête, les autorités fiscales bernoises n'avaient découvert aucune activité illégale en lien avec les anciennes sociétés financières sises au Luxembourg et à Jersey.

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