Bilan

La plus vieille banque de Zurich aurait fraudé le fisc

Rahn & Bodmer, fondée en 1750, aurait aidé une cliente à frauder le fisc américain avec le soutien d'un avocat déjà poursuivi par la justice.
Il s'agit de la plus vieille banque privée de Zurich et elle aime à le rappeler. Pourtant Rahn & Bodmer pourrait bien se retrouver dans la tourmente qui emporte sa cadette, la banque Frey, déjà dans le collimateur du procureur américain Preet Bharara.

Dans la procédure qui vient d'être lancée, la banque n'est pas directement nommée mais apparaît comme un établissement «qui se présente comme la plus vieille banque de Zurich».

Selon la plainte, Edgar Paltzer, partenaire de la prestigieuse étude zurichoise Niederer Kraft & Frey (NKF), aurait conseillé à une amie californienne d'ouvrir un nouveau compte au sein de la banque zurichoise. Il s'agissait de diviser un héritage paternel d'un montant de 3,1 millions de dollars dissimulé dans une fondation au Liechtenstein.

Une relation démarrée en 2005

L'avocat lui aurait également recommandé de ne pas déclarer au fisc américain le compte ouvert à UBS, sous peine de tout perdre en plus d'un séjour en prison. «Il est vrai que la relation clientèle en question nous est venue d'UBS en 2005», a confirmé au Tages-Anzeiger Christian Rahn, partenaire de la banque. Elle a été bouclée en 2010.

Toujours selon l'acte d'accusation, la cliente aurait effectué un autre voyage à Zurich fin 2006, où un conseiller de la banque en compagnie de l'avocat lui aurait certifié que son compte n'avait pas été dévoilé aux autorités américaines. Plus d'un million de dollars aurait été transféré et dissimulé aux yeux du fisc dans les Iles Vierges britanniques aux Caraïbes.

e-mail codé

Si la cliente voulait retirer de l'argent de son compte, elle recevait des chèques par la poste d'un montant inférieur à 10'000 dollars pour ne pas attirer l'attention des autorités américaines. Ce manège a duré entre 2007 et 2009, avec des chèques libellés au nom du mari et du beau-père, afin de mieux leurrer le fisc.

La cliente californienne communiquait par e-mails codés avec son avocat. Lorsqu'elle a voulu retirer en septembre 2008 un «montant substantiel», son avocat lui a fait parvenir cinq chèques, lui expliquant sur cinq cartes postales codées ce qui se passait.

La banque privée, qui emploie 200 collaborateurs et gère 12,5 milliards de francs, avait décidé en 2008 de ne plus accepter d'avoirs américains non-déclarés. Elle ne fait pas partie des établissements poursuivis par la justice américaine.
Pascal Schmuck

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