Bilan

La rumeur profite aux télécoms

Le possible rachat de l’espagnol Telefonica par l’américain AT&T redirige l’intérêt des investisseurs vers ce secteur délaissé durant la hausse des marchés.
Le bénéfice de Telefonica pourrait repartir à la hausse en cas de reprise de croissance. D’où les rumeurs de rachat par AT&T. Crédits: Dr

Si le phénomène déclencheur du regain d’intérêt des investisseurs trouve son origine dans les rumeurs de rachat de l’espagnol Telefonica (TNE5) par AT&T (T), ce secteur offre bien d’autres avantages. En particulier des rendements au-dessus de la moyenne. Avec une moyenne de plus de 5%, les actionnaires apprécient cette alternative aux obligations. Elle pourrait même offrir de belles plus-values en cas de concentration dans le secteur.

En effet, au vu des taux d’emprunt actuels, proches de zéro, et des rendements affichés par les opérateurs, sur le papier, il semble rentable de lancer des emprunts pour racheter une société qui rapporterait deux à trois fois plus que le coût du crédit.

La reprise de l’opérateur espagnol par le géant américain n’est encore qu’une rumeur, cependant le prix articulé pourrait tourner autour des 15  euros, soit une hausse de 40%. Si l’opération devait se faire, on assisterait vraisemblablement à une réévaluation de tout le secteur.

Au moment où les gros actionnaires que sont les Etats cherchent des entrées de liquidités, il se pourrait qu’ils s’avisent de se séparer de ces bijoux de famille.

Bien que la France ait déjà fait part de son intention de garder sa position de 27% dans France Télécom (FTE), les Etats du sud de l’Europe pourraient être plus tentés. Idem pour le géant Vodafone (VOD), qui pourrait se séparer de son activité dans cette zone géographique qui plombe ses résultats depuis quelques années.

D’autres opérateurs semblent sortir du marasme, à l’image du hollandais KPN (KPN), où le magnat du secteur, le Mexicain Carlos Slim, avait raflé 25% du capital avec son OPA en 2012. Il a porté sa participation à presque 30%, suite à une augmentation de capital.

Il avait fait de même sur 27% de Telekom Austria (TKA), dont les résultats subissaient le contrecoup de sa stratégie de croissance en Europe de l’Est. L’allemand Deutsche Telekom (DTE) essaie de sortir du marasme américain où sa filiale T-Mobil USA l’a plongé mais semble remonter la pente, après sa fusion avec MetroPCS.

Au regard de ces opérateurs qui se sont mis en difficulté avec des stratégies expansionnistes, notre opérateur national Swisscom (SCMN) et le géant britannique British Telecom (BT) font figure d’investissement de père de famille mais pourraient utiliser leur cash pour procéder à des acquisitions.

Le secteur des télécoms, toujours très riche en matière de fusions et de rachats par le passé, devrait poursuivre sur la voie des concentrations tant une position dominante devient synonyme de réussite au moment d’adapter ses marges à
la croissance. 

Conseil nº 1

Telefonica

Code: TNE5

Cours: 10,2 €

Objectif: 13 € (+27%)

Bien que le bénéfice ait fondu ces dernières années, l’opérateur espagnol a augmenté sa base clientèle. Si le bénéfice est pénalisé par la crise italienne et des dévaluations en Amérique du Sud, il pourrait repartir à la hausse en cas de reprise de croissance. D’où le récent intérêt du géant AT&T.

Conseil nº 2

KPN

Code: KPN

Cours: 1,65 €

Objectif: 2 € (+22%)

Le milliardaire mexicain Carlos Slim croit au retour en grâce du titre: il a largement souscrit à l’augmentation de capital. La valeur actuelle de la société, à 6 milliards d’euros, laisse penser que l’homme le plus riche du monde (50 milliards de dollars) pourrait à terme racheter la totalité du capital.

Conseil nº 3

Telekom Austria

Code: TKA

Cours: 5,2 € 

Objectif: 6,3 € (+20%)

L’opérateur autrichien est aussi tombé dans l’escarcelle du magnat mexicain, qui en détient 27%. Des spéculations sur une prise de contrôle ou une fusion devraient naître de cette position stratégique prise par Carlos Slim, qui ne fait jamais rien sans arrière-pensée.

Conseil nº 4

British Telecom

Code: BT

Cours: 312 GBP

Objectif: 370 GPB (+19%)

L’opérateur historique britannique a réussi à baisser ses coûts de production de 37% en quatre ans. Cette hausse de rentabilité le place dans le peloton de tête, laissant entrevoir une excellente année 2013. La société a également rehaussé son dividende à 9,5 livres (payé le 7 août).

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."