Bilan

La Suisse n'est pas une "île perdue" en matière de fiscalité et doit "anticiper"

Dans un entretien au Matin dimanche, le secrétaire d'État aux questions financières internationales a souligné la nécessité pour la Suisse de fournir un cadre juridique stable pour les investisseurs.

"Voulons-nous être une place offshore opérant dans une zone grise, soumise constamment à des pressions et à des sanctions?", a pointé Jacques de Watteville. "Ou bien voulons-nous une place financière à l'avant-garde, stable, fiable, reconnue internationalement et avec une capacité de développement?"

Crédits: Keystone

La Suisse doit "anticiper" face à l'évolution des standards internationaux tel que l'échange automatique d'informations, a affirmé le secrétaire d'État aux questions financières internationales dans un entretien accordé au Matin dimanche, expliquant que le pays ne vivait pas "en autarcie".

"Nous ne sommes pas une île perdue aux milieux des océans", a déclaré Jacques de Watteville dans les colonnes du journal lausannois.

"Face à certains développement sur le plan international, il faut être proactif, anticiper et essayer d'influencer les choses. Et non laisser faire les autres et attendre. C'est ce que nous nous employons à faire dans le dossier de l'échange automatique", a-t-il poursuivi.

Lundi, l'OCDE a franchi une étape supplémentaire sur ce front en publiant l'ensemble des documents relatifs à la nouvelle norme mondiale concernant l'échange automatique de renseignements en matière fiscale.

Cinq des exigences proposées par la Suisse ont été retenues, a pointé Jacques de Watteville, qui a notamment mentionné la réciprocité et le principe de spécialité, à savoir que les informations transmises ne peuvent être utilisées qu'à des fins fiscales.

Cette norme, qui doit encore être confirmée par les ministres des finances du G20, constitue une "nouvelle étape" dans la coopération fiscale internationale contre les crimes fiscaux, selon lui.

"Ce n'est pas la fin du secret bancaire", a affirmé Jacques de Watteville.

"Simplement, dans le passé, le secret bancaire était levé en cas de blanchiment d'argent, de terrorisme, de criminalité et de fraude fiscale. Maintenant on a ajouté l'évasion fiscale", a-t-il expliqué.

Le secrétaire d'État aux questions financières internationales a insisté sur la nécessité pour une place financière telle que la Suisse de fournir un cadre juridique stable pour les investisseurs.

"La question est de savoir quelles sont les ambitions de la Suisse", a-t-il argumenté.

"Voulons-nous être une place offshore opérant dans une zone grise, soumise constamment à des pressions et à des sanctions?", a-t-il pointé.

"Ou bien voulons-nous une place financière à l'avant-garde, stable, fiable, reconnue internationalement et avec une capacité de développement?", a-t-il ajouté, soulignant que le Conseil fédéral avait clairement opté pour la deuxième option.

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