Bilan

La volatilité influencera le cours des matières premières

Notre «breakfast» n'a pas coûté aussi cher depuis une trentaine d'années: thé, cacao ou café avec du sucre, un verre de jus d'orange et même une tartine beurrée», affirme Philippe Chalmin,sur le site Internet du cercle CyclOpe, dont il est le directeur. Au début de chaque année, ce groupe, qui réunit les meilleurs experts français des ressources naturelles, publie ses prévisions. Pour 2010, le thé renchérira encore: +41%. La raison? «Le déficit mondial de l'offre devrait encore augmenter», explique Philippe Chalmin dans le quotidien économique Les Echos .

L'an dernier, le cours de la boisson chère aux Britanniques avait déjà profité «des problèmes liés à la mousson dans le sous-continent indien et de la sécheresse en Afrique de l'Ouest» en progressant fortement (+33%). A l'inverse, le sucre, l'autre vainqueur de 2009 (+35%), restera plus ou moins stable (+7%) tout au long de cette année. Selon CyclOpe, le trio gagnant sera composé, outre du thé, du zinc (+41%) et du charbon vapeur (+40%). Dans ce dernier domaine, «les besoins de la Chine devraient encore augmenter avec la préparation de l'exposition de Shanghai et le souhait d'éviter des problèmes d'alimentation électrique». Pour assurer ses besoins colossaux, l'Empire du Milieu cherchera en 2010 à poursuivre ses acquisitions de mines en Australie ainsi que dans d'autres pays-clés sur le continent africain. Sa consommation frénétique de matières premières soutiendra les cours.L'évolution des coûts des ressources naturelles dépendra également de l'attitude des spéculateurs. Ils peuvent à tout moment déstabiliser les marchés. «Il n'est pas mauvais de rappeler que les prix obéissent à plusieurs logiques: celle des fondamentaux (l'offre et la demande des produits), celle des monnaies de cotation, et donc du dollar et, enfin, cette véritable écume sur la vague que représente la spéculation financière», estime CyclOpe. Mais, insiste ce cercle d'experts, «au final, c'est le physique qui aura raison». Dans une note publiée au début janvier, Patrick Artus,directeur de la recherche auprès de la Banque Natixis, constate que les liquidités injectées par les banques centrales sont placées, pour une partie non négligeable, dans les matières premières non alimentaires. «Le prix du pétrole serait aujourd'hui accru de 35% par la spéculation et celui des métaux non précieux de 70%.»Une cible: le platineDe l'avis de CyclOpe, presque tous les cours croîtront en 2010, notamment ceux du caoutchouc (+35%), du plomb (+33%) et du platine (+25%). Pour ce dernier, «la demande devrait rester soutenue grâce à l'automobile et à la joaillerie. A la limite, il y a plus de raisons à jouer le platine que l'or». Dans les ressources alimentaires, le maïs (+23%), le cacao (+21%) augmenteront relativement fortement, alors que le blé conservera une certaine stabilité (+4%).Quant au pétrole (+21%), il continuera probablement son ascension. Selon Philippe Chalmin, l'évolution de l'ensemble des matières premières sera caractérisée en 2010 «à l'image des marchés financiers par l'instabilité et une volatilité extrême».

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