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Le dividende, alternative au coupon?

Avec des taux d’intérêt bas, les sources de revenu obligataire se tarissent. Compter sur les dividendes constitue une option intéressante, bien que plus volatile. Leur rendement reste supérieur aux obligations et à l’inflation.

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L’environnement actuel est particulièrement difficile pour les investisseurs qui veulent générer du revenu avec un portefeuille d’obligations. Pour trouver un rendement plus attrayant parmi les actifs financiers, il faut donc s’intéresser aux dividendes. Actuellement, le rendement moyen en dividendes se situe autour de 2,5% pour les actions suisses et de 3,1% pour les actions européennes. C’est plus que les obligations et nettement plus que l’inflation.

Mais tous les dividendes ne font pas l’affaire et il ne faut pas se précipiter sur les plus gros rendements. Au contraire, il est conseillé d’identifier les principales qualités d’un dividende. On en dénombre trois.

Tout d’abord, il faut choisir les rendements attractifs. Les entreprises de croissance («growth») paient pour la plupart des dividendes faibles, voire nuls. En revanche, les titres de substance («value») offrent généralement des rendements plus élevés.

Deuxièmement, la pérennité du dividende est primordiale. Afin de pouvoir payer un dividende (même en temps de crise), les entreprises doivent avoir un bilan solide et une profitabilité bien assise.

Enfin, la croissance du dividende importe. Les entreprises doivent pouvoir accroître leur dividende à mesure que leurs profits augmentent. Cependant, même avec une telle approche, le revenu n’est pas garanti. En effet, au contraire du coupon d’une obligation, une entreprise n’est pas obligée de verser un dividende.

Le revenu n’est pas garanti

La distribution des dividendes est évidemment sujette à des risques économiques. Ainsi, lors de la crise financière de 2008, la somme des dividendes versés par le marché suisse (SMI) a baissé de 22%. Un résultat mitigé certes, mais tout de même meilleur que la baisse des cours de 46% et la chute des profits de 68%!

Le risque politique est aussi présent. L’an dernier, les banques européennes ont vu leurs ambitions de distribution sapées par les régulateurs. Cependant, elles devraient reprendre les versements avec la levée des restrictions. Au cours du deuxième semestre, certaines institutions pourraient même payer rétroactivement les dividendes manqués. C’est d’autant plus important que les banques distribuent généralement la moitié de tous les dividendes en Europe.

Enfin, le prix des actions est plus volatil que celui des obligations. Les actions, en particulier à dividendes, sont sensibles au taux d’intérêt. En effet, elles ont tendance à sous-performer le marché lorsque les taux montent. Toutefois, ces derniers ne devraient pas décoller avant que la Réserve fédérale américaine ne fasse le premier pas, attendu en 2023.

En vue d’assurer un flux de revenus, il est recommandé de maintenir une diversification sectorielle et de ne pas négliger les actions étrangères. Privilégier les secteurs défensifs comme la santé et la communication, qui offrent des dividendes attrayants et qui connaissent des bénéfices peu volatils, est également pertinent.

Pour conclure, les actions permettent de générer du revenu et elles peuvent s’apprécier en prix. Les rendements en dividendes, quant à eux, sont intéressants dans l’environnement actuel et pourraient le rester encore un certain temps.


James Mazeau, économiste, chief investment office (CIO) chez UBS Global Wealth Management

James Mazeau

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James Mazeau, économiste, est Chief Investment Office (CIO) chez UBS Global Wealth Management.

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