Bilan

Le cheminement du blé, du producteur au consommateur

Dans la région française de Bourg-en-Bresse, à environ une heure de Genève, les moissons sont terminées. Le blé est stocké dans des silos. A cause de la sécheresse dans différents pays (Russie, Ukraine, Australie, Argentine) et en raison de l’embargo sur les exportations russes, les prix se sont envolés (lire le graphique). Quel est le cheminement du blé meunier depuis le champ jusqu’à sa transformation en produits de boulangerie que l’on trouve sur les étalages des magasins? Quel rôle jouent la bourse et les négociants? Réponse en sept points avec les explications de François de la Perrière, un des dirigeants de Terre d’Alliances, une coopérative du département de l’Ain.

1. Le producteur de blé

Chaque automne, les céréaliers plantent les semis. Environ une année plus tard, entre juillet et août, ils moissonnent. La récolte du blé est conduite à une coopérative, par exemple à Terre d’Alliances.

2. La coopérative

Terre d’Alliances dispose de silos destinés à stocker les grains. Elle se charge de vendre les récoltes pour environ 2700 producteurs de la région. Elle est rétribuée pour cette tâche.

3. Le négociant

La coopérative cède la récolte à des négociants, parmi lesquels figurent Cargill, Roquette et Tereos. Les contrats (prix et tonnage) sont signés dans les mois qui précèdent les moissons. Ils sont déterminés par le cours du blé meunier sur le marché à terme de la Bourse NYSE Euronext. Actuellement, cette céréale cote autour de 230 euros la tonne (140 euros en septembre 2009). Le producteur sera rétribué selon le prix moyen de vente obtenu par la coopérative.

4. La bourse

Le cours du blé meunier dépend de l’évolution des tonnages exportables de céréales, lesquels ne représentent que 10% de la production mondiale (les 90% des récoltes sont transformées à l’intérieur des frontières nationales). Il évolue selon la perception du marché par les traders. Les fonds indiciels sur les matières premières amplifient à la hausse ou à la baisse les prix. Selon Terre d’Alliances, la spéculation ne joue qu’un rôle mineur. Seuls environ un quart des contrats ne donnent pas lieu à une livraison physique des grains.

5. La meunerie

Soit l’acheteur transforme le blé en farine dans une meunerie qui lui appartient. Soit il le revend à une meunerie indépendante.

6. La boulangerie

La farine arrive chez le boulanger: un indépendant, un supermarché ou un groupe de produits alimentaires comme Hiestand qui se charge de fabriquer le pain, les croissants, etc.

7. Le consommateur

Finalement, le blé meunier parvient au consommateur sous forme de produits transformés (pain, etc.). La hausse récente des cours se répercute jusqu’à ce niveau même si la part du blé ne représente, à son cours actuel, qu’environ 8% du prix de vente du pain. Au fil de la chaîne, chaque intervenant est tenté d’accroître ses marges.

 

 

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Du même auteur:

Comment l’Institut de Glion se développe en Gruyère
Le nouveau défi de Bernard Lehmann

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."