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Le Facebook de la finance fait émerger des top traders

Sur la plateforme en ligne eToro, les apprentis traders peuvent copier les transactions des gourous du négoce. Le social trading prospère.
  • Sur la plateforme en ligne eToro, les traders, apprentis et experts, peuvent se suivre les uns les autres, conseiller, acheter et vendre des valeurs. Crédits: eToro
  • Les top traders comptent des centaines de milliers de followers et des milliers d’utilisateurs copient leurs investissements. Crédits: eToro

Voir et répliquer les investissements de ses amis virtuels comme on suit des statuts sur Facebook. La plateforme israélienne eToro règne en maître sur les réseaux sociaux du trading. Créée en 2007 et basée à Chypre, elle atteint aujourd’hui plus de 2,75 millions d’utilisateurs dans 140 pays.

Le groupe n’est pas un courtier : il fournit une plateforme qui facilite l’accès aux marchés des devises, des matières premières et du capital investissement, ainsi qu’un logiciel qui connecte les utilisateurs avec des services de courtage partenaires.

Ce réseau se situe à l’extrême opposé de l’investissement traditionnel où hedge funds et maisons de courtage protègent jalousement leurs informations. Les traders, apprentis et experts, peuvent se suivre les uns les autres, conseiller, acheter et vendre des valeurs. Les informations et les transactions effectuées sont visibles de tous.

Ils peuvent surtout « copier » par un simple clic les prises de positions boursières de leurs amis virtuels. Une véritable aubaine pour les traders qui veulent bénéficier des succès des top traders du site en imitant leurs activités de négoce.

 

Jusqu’à 10 000 dollars de commissions

Ces top traders sont considérés comme des gourous sur eToro. Ils comptent des centaines de milliers de followers et des milliers d’utilisateurs copient leurs investissements. Sur les 50 millions de transactions de mai dernier, 64% ont été répliquées.

« Cela ne me dérange pas de partager ce que je fais », explique Santosh Tiwari à l’agence Bloomberg. Cette consultante en technologie est devenue une star des marchés sur eToro, avec plus de 70 000 followers et quelque 3500 utilisateurs qui ont copié ses investissements. Ses paris sur la livre sterling l’ont aidée à obtenir un rendement de 11% ces douze derniers mois. « eToro a tellement évolué qu’il est devenu une abondante source d’informations ».

Ces gourous reçoivent des commissions chaque fois qu’un utilisateur copie leurs prises de position. Certains gagnent ainsi jusqu’à 10 000 dollars par mois.

Pour l’heure, l’accès à eToro est gratuit. Son modèle d’affaires se base sur les commissions prélevées sur chaque transaction effectuée. Des marges qui atteindraient en moyenne 0,03% de la valeur de l’échange.

Notamment soutenu par Spark Capital, un groupe qui investit dans Twitter et qui a injecté des millions de dollars dans la société israélienne, eToro, qui compte plus de 200 collaborateurs, entre l’Europe, Israël, les Etats-Unis et l’Australie, a reçu en mai dernier la bénédiction du Financial Conduct Authority (FCA), le tout nouveau régulateur financier britannique qui succède au Financial Services Authority (FSA). Cette légitimité a de quoi garantir aux clients un service sécurisé.

 

 

Un réseau dangereux

Le phénomène du social trading prend de l’ampleur. Aux côtés d’eToro, les acteurs se multiplient. On peut citer Zulutrade, une plateforme new-yorkaise spécialisée dans les devises qui avance que le nombre de ses utilisateurs a triplé depuis 2011. Ou encore Collective2 qui permet à ses membres de « répliquer » plus de 15 000 programmes de trading conçus par leurs pairs.

De nombreuses critiques s’élèvent contre ces réseaux sociaux d’un nouveau genre. D’après des fonds et des plateformes de trading traditionnels, les experts de ces sites pourraient bouleverser le marché en incitant des milliers d’utilisateurs à acheter ou vendre les mêmes valeurs. Copier quelqu’un sur la base de sa performance passée peut s’avérer réellement dangereux, préviennent-ils.

 

Dino Auciello

ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Lui écrire

Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

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