Bilan

Le moment de miser sur les pays émergents?

Les places boursières des BRICS ont connu un début d’année 2013 en baisse. Vont-elles enfin remonter et ainsi offrir des opportunités aux investisseurs? Tour d’horizon des forces et faiblesses de chaque pays.
Les délégations des BRICS se sont rencontrées en mai dernier à Saint-Pétersbourg. Crédits: AFP

Après des temps difficiles pour les pays émergents, le moment est peut-être venu d’y investir à nouveau. D’autant que les valorisations de ces marchés sont redevenues attractives. Par sûr, répondent les spécialistes.

«L’accès de faiblesse depuis mai a accentué le phénomène. Mais le résultat est qu’aujourd’hui les actions émergentes se paient avec une décote de 30% – en termes de price earning (PE) et de price to book – historiquement élevée», affirme Gianluca Tarolli, économiste à la Banque Bordier & Cie. Pour elle, les marchés ont certainement déjà anticipé des perspectives plutôt sombres.

Petit tour du monde des pays des BRICS, ces cinq puissances émergentes que sont le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, afin d’identifier celles disposant des meilleurs fondamentaux.

Le Brésil

Les moins: Un pays affaibli par une mauvaise gestion du budget et rongé par une corruption omniprésente. Côté fondamentaux, l’inflation est encore forte, ce qui, selon les analystes de la Société Générale, pourrait «provoquer de plus fortes augmentations de taux par la Banque centrale ainsi qu’une intervention face à la faiblesse persistante du taux de change».

Les plus: Avec des ressources naturelles importantes dans le pétrole, les minerais, les produits agricoles, le Brésil est plutôt un exportateur. Un dollar fort et des matières premières à la hausse lui seraient donc favorables.

La Russie

Les moins: Ingérence politique et cadre structurel défavorable aux investissements privés sont toujours en place.

Les plus: La hausse des cours des matières premières, et plus particulièrement de l’énergie, est bénéfique. La valorisation générale du marché semble attractive.

L’Inde

Les moins: Les pays importateurs de matières premières, telle l’Inde, pourraient souffrir d’une hausse du prix de ces dernières, et voir leur croissance ralentir, surtout dans un cadre où la roupie indienne s’affaiblirait. Les grandes réformes structurelles à mettre en place dépendent en grande partie de la popularité du gouvernement et ne pourraient probablement se faire que si les cours du pétrole sont orientés à la baisse.

Les plus: La faiblesse de la roupie devrait stimuler les exportations et la flexibilité relative de l’économie devrait permettre à l’Inde de bénéficier de ces deux facteurs. La valorisation du marché est attractive par rapport à sa moyenne historique et vis-à-vis des autres BRICS.

La Chine

Les moins: Un manque de transparence général sur l’économie. Le financement des grandes réformes et des investissements est problématique, alors que le niveau global d’endettement augmente sensiblement.

Les plus: Des entreprises hypercompétitives avec des croissances annuelles soutenues, notamment grâce à une population qui croît rapidement et qui a vu augmenter son pouvoir d’achat. Sans oublier la grande capacité de l’économie chinoise à surprendre. On note aussi un début de frémissement de «mieux» sur les derniers indicateurs économiques (August IP data, HSBC PMI, Retail Sales).

L’Afrique du Sud

Les moins: Un marché toujours valorisé en moyenne 30% au-dessus de sa moyenne des dix dernières années.

Les plus: «L’Afrique subsaharienne est également, à petite dose encore mais de manière structurelle, un thème que nous mettons en avant», selon la Banque Bordier & Cie. D’un point de vue tactique, un rebond du rand et une baisse du pétrole pourraient booster l’économie et les marchés financiers.

Nathalie Praz

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