Bilan

Le point de vue des hedgies

Stratégie Les puissances occidentales seraient bien inspirées de relire Sun Tzu pour anticiper à quelle sauce asiatique elles pourraient être prochainement mangées. En effet, la guerre monétaire fait sournoisement rage entre marchés développés et émergents, avec dans le rôle des discrets mais néanmoins profitables arbitres les gérants alternatifs, positionnés dans une palette variée de transactions autour de ce thème d’investissement.

En effet, l’évolution des monnaies résume à elle seule les trois enjeux majeurs auxquels investisseurs et politiciens sont confrontés. Examinons d’abord la question sous l’angle de l’inflation. L’or, exposition de prédilection des grands hedge funds comme des plus modestes, constitue l’alternative reine à la dévaluation du dollar et à la faiblesse relative de l’euro malgré le récent rebond allemand. La deuxième étape annoncée de Quantitative Easing (QE II) crée en effet une pression déflationniste sur le billet vert, et par ricochet un risque de bulle sur les classes d’actifs les plus risquées, telles les actions.

Deuxièmement et corollaire de l’inflation, les monnaies permettent d’implémenter des vues sur les matières premières. Les Etats-Unis créent ainsi de la déflation d’un côté, et tentent d’en importer de l’autre via ces mêmes matières premières dont la demande émergente continue, elle, d’enfler. Certaines monnaies, tels le rand sud-africain ou les dollars canadiens ou australiens, constituent une intéressante variante indirecte d’exposition sur les matières premières et les métaux précieux.

Troisièmement, sous le prisme de la croissance, la balance penche amplement en faveur des monnaies émergentes, surtout asiatiques. Les gérants alternatifs ne s’y sont pas trompés et leurs positions dans de la dette souveraine émergente en monnaie locale continuent de surperformer cette année, tout en les compensant largement côté risque politique.

Enfin, point d’orgue et justification de celles-ci, la question est éminemment politique, qu’on l’aborde du point de vue chinois, américain ou européen. Sans coordination financière mondiale des grandes banques centrales, l’étape suivante de la guerre monétaire déboucherait sur des replis protectionnistes catastrophiques, mais générerait aussi son lot d’arbitrages fructueux.

Sarah Clar-Boson

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