Bilan

Le réchauffement climatique inquiète les assurances

Le changement climatique devrait avoir des impacts importants pour les assureurs: l'augmentation de la température de la mer notamment devrait induire des dépenses considérables.
Et si les habitants de certaines régions pourtant densément peuplées ne pouvaient plus être assurés à l'avenir en raison du changement climatique?

C'est l'hypothèse qu'évoque le dernier rapport de la Geneva Association, qui regroupe de nombreux assureurs. Selon ce document, des régions comme New York, la Floride, le Royaume-Uni et de nombreuses régions côtières pourraient connaître une telle inflation des risques naturels que les compagnies refuseraient de les assurer.

A chaque tornade, ouragan, cyclone ou grande inondation revient la question de la responsabilité du changement climatique dans ces événements. Certes, ceux-ci ont toujours eu lieu, mais leur fréquence et leur intensité aujourd'hui plus grandes seraient partiellement dues au réchauffement climatique.

Focus sur le réchauffement océanique

Davantage que le réchauffement de l'atmosphère, les chercheurs mandatés par la Geneva Association se sont penchés sur le réchauffement des océans.

«Dans un environnement en constante évolution causé par le réchauffement océanique, les approches traditionnelles exclusivement basées sur l'analyse des données historiques ne parviennent plus à estimer avec fiabilité les probabilités de risques aujourd'hui. Un changement de paradigme d'évaluation des risques est nécessaire, en passant de la référence historique à la prévision», estime Falk Niehorster, directeur de l'étude.

Trois facteurs majeurs

Avec plus des deux tiers de la surface du globe couverts par les océans, le réchauffement océanique revêt une importance cruciale dans les événements météorologiques d'exception. Et l'étude pointe trois facteurs majeurs dans la survenue de ces événements, et donc générateurs de risques.

La dilatation thermique des océans, combinée à la fonte des banquises continentales et des glaciers a augmenté le niveau des mers d'environ 20cm au cours du XXe siècle. Aujourd'hui, cette hausse s'accélère. Or, non seulement l'élévation du niveau de la mer accroit le risque d'inondations et l'impact potentiel des tempêtes, mais elle diminue aussi la durée de vie des infrastructures côtières de protection. Les digues des Pays-Bas ou la barrière de la Tamise près de Londres pourraient nécessiter davantage de soins très coûteux.

Estimer les risques et renforcer les infrastructures

Second facteur de risque: la plus grande présence d'eau dans l'atmosphère générée par une mer plus chaude, et donc une évaporation accrue. Cette atmosphère plus humide et plus chaude contient plus d'énergie, d'où une intensité potentiellement plus élevée des événements extrêmes et des précipitations associées.

Enfin, le réchauffement océanique est susceptible d'avoir une incidence sur les tendances climatiques régionales à grande échelle, comme El Niño, les systèmes de mousson ou le Gulf Stream dans l'Atlantique Nord. Toutefois, la durée relativement courte des données d'observation sur ce point ne permet pas de mesurer cet impact sur la dynamique des océans.

Le rapport fournit deux clefs pour relever le défi. Tout d'abord, les assureurs se doivent de développer des moyens modernes pour estimer les risques. Ensuite, les gouvernements et le secteur privé devraient réfléchir à la résistance des infrastructures situées dans des zones potentiellement menacées.

Modéliser les risques extrêmes

«Conséquence des difficultés de prévision actuelles, l'estimation des risques devient de plus en plus ambiguë. Nous recommandons donc des approches fondées sur les scénarios et la modélisation des risques extrêmes et leur prise en compte dans les stratégies d'entreprise», préconise Falk Niehorster.

Une telle réflexion a déjà été envisagée à l'échelle régionale, notamment en France quand le pays a du faire face à des tempêtes très coûteuses, comme l'explique cette vidéo.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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