Bilan

Le risque systémique des banques suisses est mesuré

L'étude du Center for Risk Management de l'Université de Lausanne parue mardi estime à 1200 milliards de francs les besoins des institutions financières européennes en cas de crise. Les banques suisses sont plutôt sûres.
  • Le Center for Risk Management de l'Université de Lausanne publie son étude sur la vulnérabilité des institutions financières européennes au risque systémique. Crédits: Reuters
  • L'indice SRisk qui a permis de classer 416 institutions financières européennes tient notamment compte des fonds propres et de la capitalisation boursière des institutions. Crédits: Reuters
  • C'est le Credit Agricole qui se retrouve au sommet des banques européennes les plus soumises au risque. Crédits: Keystone
  • Sur la deuxième marche du podium, la Deutsche Bank suit de près la banque française. Crédits: Keystone
  • Le podium est complété par une banque britannique: Barclays plc. Crédits: Keystone
  • Pour trouver la première institution suisse, il faut aller au 11e rang, où se trouve la Banque nationale suisse (BNS). Crédits: Keystone
  • Credit Suisse arrive en 15e position du classement. Crédits: Keystone
  • Troisième institution suisse: UBS se retrouve en 22e position. Crédits: Keystone
  • Il faut ensuite aller jusqu'à la 43e place pour trouver Swiss Life Holding. Crédits: Keystone
  • Et c'est en 46e position que Raiffeisen se classe. Crédits: Keystone
Les sommes engagées par plusieurs États européens pour sauver leurs banques avaient donné le tournis au plus fort de la crise financière de 2008. La fragilité des institutions financières avait alors été pointée du doigt: «trop vulnérables», avaient dénoncé plusieurs experts.

Cinq ans plus tard, où en est-on? Quelles mesures ces banques, assurances, services financiers et entreprises immobilières ont-elles pris pour contrer le danger? Une étude du Center for Risk Management (CMRL) de l’Université de Lausanne parue mardi 3 septembre fait le point sur l'exposition des institutions financières du continent européen au risque systémique.

1200 milliards de francs en cas de crise

Selon les auteurs de cette enquête, en cas de «nouvelle crise financière» (définie comme une chute de 40% des marchés boursiers sur six mois), le besoin serait de 1000 milliards d'euros (1200 milliards de francs) en fonds propres afin de retrouver un niveau de solvabilité «satisfaisant».

Le classement, qui se présente comme une alternative aux agences de notation, a pris pour base la capitalisation boursière et l'endettement, ainsi que la performance boursière récente. De nombreux autres critères ont été également pris en compte, dans un panel défini par le CMRL et le professeur Robert Engle, lauréat 2003 du Prix Nobel d'économie et directeur du Volatility Institute de l'Université de New York, pour aboutir à l'indice SRisk.

416 institutions financières européennes à la loupe

Au total, 416 institutions financières européennes ont été passées à la loupe et notées. Au final, le podium des banques les plus vulnérables couronne un géant français (Crédit Agricole SA), devant un poids-lourd allemand (Deutsche Bank AG) et un membre éminent du «big five» britannique (Barclays plc).

Pour trouver la première institution suisse, il faut aller au-delà du top 10: la Banque nationale suisse (BNS) se retrouve à la 11e place, devant Credit Suisse (15e) et UBS (22e). Toutes trois avec des indices SRisk quatre à six fois inférieurs à ceux des trois banques situées sur le podium.

Il faut descendre bien plus loin dans le classement pour voir apparaître Swiss Life Holding (43e) ou Raiffeisen (46e). Et plonger aux abords de la 100e place pour d'autres groupes helvétiques. Mais toutes avec un danger extrêmement mesuré selon l'indice SRisk.

Un palmarès surprenant

Le palmarès peut surprendre par certains aspects. Ainsi, les institutions financières de pays en pleine crise (Grèce, Espagne, Chypre, Portugal,...) sont jugées moins risquées que des mastodontes de pays stables (France, Allemagne, voire Suisse). Les auteurs de l'étude estiment en effet que l'impact d'une défaillance de ces géants internationaux serait, du fait de leur taille, bien plus grave que celui d'une faillite d'acteurs de pays moins puissants économiquement.

Point positif pour les experts: les mesures de risque s’orientent à la baisse depuis la mi 2012, avec une hausse des fonds propres et des mesures prises pour sécuriser le secteur financier qui commencent à porter des fruits.

Pour les banques suisses, les efforts réalisés par les institutions financières elles-mêmes ainsi que les réglementations nouvelles intervenues pour sécuriser le secteur pourraient avoir contribué à atténuer le risque.
Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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