Bilan

Le sort de Credit Suisse pourrait être fixé ce soir

L'accord entre Credit Suisse et les autorités américaines pour régler le différend fiscal pourrait intervenir dès lundi soir, selon la presse dominicale. La direction actuelle devrait également rester en place, selon la presse américaine.

Credit Suisse pourrait faire face à une forte amende concernant le litige fiscal aux Etats-Unis. Depuis fin avril, les rumeurs se sont multipliées dans la presse concernant le montant de l'amende qui pourrait être infligée à Credit Suisse, évoquant des chiffres allant de 1,6 à plus de 2 mrd USD.

Crédits: RTS

L'accord entre Credit Suisse et les autorités américaines pour régler le différend fiscal devrait intervenir lundi soir, selon des sources concordantes citées dans les médias. La grande banque devrait signer un document stipulant qu'elle admet avoir mené une activité "criminelle" dans ce pays, a estimé la "SonntagsZeitung". La direction actuelle devrait également rester en place, selon la presse américaine.

Selon le journal alémanique, le document que devrait signer Credit Suisse aux Etats-Unis affirmerait: "Nous menions une activité criminelle, mais nous ne le savions pas". Les conditions du règlement du conflit fiscal pourraient être officiellement présentées lundi soir, précise l'article. Contactée par l'agence AFP, la banque a indiqué ne faire "aucun commentaire" sur ces informations.

Credit Suisse pourrait se voir infliger une forte amende. Depuis fin avril, les rumeurs se sont multipliées dans la presse concernant le montant du règlement que devrait débourser Credit Suisse. Un montant allant de 1,6 mrd à plus de 2,5 mrd USD est anticipé.

L'établissement devrait plaider coupable, selon des sources proches du dossier citées par le quotidien "Wall Street Journal". Le directeur général (CEO) Brady Dougan et le président Urs Rohner conserveraient leurs postes, a souligné le journal.

Les incertitudes sur les détails de l'accord et ses répercussions sur la banque influaient sur le titre. A 15h58, Credit Suisse perdait 0,7% à 26,03 CHF, dans un SMI en repli de 0,36%. L'action réduisait ses pertes, après avoir abandonné près de 2,3% dans la matinée.

La réaction des marchés après l'accord demeure la grande inconnue, selon les spécialistes. Certains estiment que la situation pourrait devenir épineuse, si certains gros clients institutionnels tournaient le dos à la banque. Selon les médias, en cas de procédure pénale ouverte contre la banque, les clients institutionnels ne pourraient plus continuer à investir. Cela pourrait affaiblir la banque très rapidement et conduire à une spirale baissière.

PAS DE SANCTIONS TROP DURES DEMANDE GOLDMAN SACHS

La banque zurichoise a reçu le soutien de Lloyd Blankfein, directeur général (CEO) de l'américain Goldman Sachs. Ce dernier a mis en garde contre le risque pour le système financier, si Credit Suisse était frappé de sanctions trop dures. Etant donné les multiples connexions des banques du monde les unes avec les autres, cela pourrait affecter les relations de crédit à l'intérieur du système financier, a-t-il relevé. "Cela devient une décision de grand poids d'écarter quelqu'un, et nous ne devrions pas le faire à la légère."

Credit Suisse fait partie des 14 banques basées en Suisse sous le coup d'une enquête menée par les autorités américaines, qui les soupçonnent d'avoir aidé leurs riches clients américains à échapper à l'impôt.

En février, Brady Dougan avait été appelé à témoigner devant une Commission au Sénat américain, où il avait reconnu que la banque s'était mal comportée, rejetant cependant la faute sur un petit groupe d'employés.

Début mai, la ministre des finances Eveline Widmer-Schlumpf s'était rendue à Washington pour s'entretenir avec le ministre américain de la Justice. La Suisse s'était alors efforcée d'obtenir que les autorités américaines appliquent une procédure équitable "afin que les banques suisses ne soient pas traitées plus sévèrement que celles d'autres pays", avait indiqué Berne à l'issue de cette rencontre.

Lors de son assemblée générale le 9 mai, le président du conseil d'administration de la banque, Urs Rohner, a dit vouloir "tout mettre en oeuvre" pour régler ce litige le plus rapidement possible.

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