Bilan

Le TRADER MASQUÉ en direct du floor

La maxime "Si en avril le marché tient à un fil, en mai il choisit dans quel camp il est"

Nicox (COX.PA, 2,3 euros)

Nous vous avions déjà parlé de cette petite biotech française qui avait souffert du refus d’homologation de son médicament Naproxcinod (arthrose). Si la société cherche toujours un partenaire pour retenter sa chance devant la FDA, elle a annoncé des résultats très positifs pour le traitement du glaucome et de l’hypertension oculaire développé avec Bausch + Lomb. La nouvelle du passage en phase test III s’associe à l’annonce d’une prise de participation d’Altacor dans le même secteur, avec une option sur la totalité du capital (env. 13 millions d’euros). Ces nouvelles, ainsi que des recrutements stratégiques, montrent un changement radical d’orientation pour le marché porteur de l’ophtalmologie. Les investisseurs ont pris cette nouvelle avec optimisme, poussant le titre jusqu’à 4,5 euros en quelques jours. Une fois l’euphorie retombée, le titre semble revenu à un prix d’achat dans l’attente de la publication des résultats du premier trimestre (10 mai) qui devrait être l’occasion de préciser les nouvelles stratégies du groupe pour l’avenir. Ces nouvelles à venir pourraient faire rebondir le titre à 3 euros (+30%) à l’horizon de quelques semaines pour valider cette réorientation pleine de sens.

Lonza (LONN, 41 francs)

2011 restera une mauvaise année pour le groupe actif dans les sciences de la vie. Avec un bénéfice net en chute de 33% et un chiffre d’affaires en baisse de 6%, la société a déçu les investisseurs. Surtout que, parallèlement, l’endettement du groupe progresse de 139% à 2,6 milliards suite au rachat de l’américain Arch (1,3 milliard), actif dans les biocides. Après ces résultats, le titre a été lourdement sanctionné, perdant 33% depuis le début de l’année et 50% sur un an. Cependant, la société a pris des mesures drastiques en augmentant le temps de travail sur ses sites de production et en délocalisant une partie de ceux-ci dans des pays à bas coût, comme la production de petites molécules en Chine. La mise en service de sa nouvelle usine de Viège ces prochains mois, pour la fabrication des principes actifs, lui permettra de mieux répondre aux exigences de sa clientèle. Des changements dans le management permettent également de repartir sur une base plus saine. Enfin, un accord avec l’australien CSIRO ouvre la voie à de nouveaux produits issus des soies animales dont la solidité et la résistance pourraient trouver des applications biotechnologiques. Ces mesures devraient déjà produire leurs effets au cours des prochains exercices. 2012 sera une année de défi pour la firme bâloise, mais une simple amélioration des perspectives pourrait faire rebondir le titre à 53 francs (+30%) à un horizon de trois mois.

 

Si vous avez raté la quinzaine boursière

Les marchés ont poursuivi leur phase de consolidation durant ce mois d’avril, avec des fortunes diverses qui reflètent bien les différentes problématiques de leur économie respective. Si l’Europe du Nord résiste bien en trouvant des supports 5% en dessous de ses plus hauts, le sud du continent affiche, lui, des baisses supérieures à 15%. Cet écart traduit toujours les incertitudes liées à la dette et chaque refinancement d’Etat est observé fébrilement pendant que les agences de notation continuent à dégrader les perspectives de cette Europe anémique. Le changement de majorité en France semble infléchir la volonté de rigueur, affichée jusqu’alors, au profit d’une aide à la croissance.

Si cette action est louable, elle devra être dosée avec précaution pour éviter un retour de l’inflation qui serait catastrophique au vu des endettements étatiques actuels. On le voit, plus la crise de l’Union européenne perdure, plus les solutions respectives des Etats qui la composent divergent. L’ambiance outre-Atlantique est tout autre, les indices stagnent sur leurs plus hauts, portés par les valeurs technologiques pour lesquelles les résultats stratosphériques publiés par Apple ont donné le la. Dans le sillage de la plus grosse capitalisation du Nasdaq (13%), le monde technologique semble vivre sur une autre planète, ignorant les signes de récession mondiale. A l’aube d’une probable redistribution des cartes sur le Vieux-Continent, il convient de rester prudent dans un marché où il y a autant à craindre qu’à espérer.

Sylvie Bernaudon

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