Bilan

Le Trader masqué: en direct du floor

FIAT Industrial(FI.MI 10 EUR)

Née début janvier du spin-off d’avec le groupe Fiat, la nouvelle entité réunit toutes les autres activités de l’ancien géant turinois (camions, engins agricoles et de chantier et moteurs diesel). Dans ce divorce, le bon parti est bien de ce côté. Ces activités ont contribué pour plus de la moitié à l’amélioration du résultat 2010, faisant repasser l’ensemble du groupe dans les chiffres noirs à +520 millions (-838 millions en 2009), près du double de ce qui était escompté douze mois plus tôt. En plus d’avoir une meilleure marge et une structure de production plus souple que sa sœur, Fiat Industrial peut aussi désormais envisager des rachats ou des collaborations avec d’autres marques, y compris les concurrents de l’usine piémontaise. En œuvrant ainsi, Sergio Marchionne permet à ces activités de s’épanouir sans devoir subir les aléas du marché automobile.Si le titre poursuit sur sa lancée de 2010, on peut espérer une hausse de 30% à 13 euros pour le prochain semestre.

Givaudan(GIVN 940 FRS)

Le parfumeur a clôturé l’année sur une belle performance dans un contexte difficile. Le chiffre d’affaires s’améliore de 7% (9% en monnaies locales), ce qui est remarquable pour le secteur. Malgré des frais de restructuration et d’intégration frôlant les 100 millions, le bénéfice net affiche une superbe embellie de 71% à 340 millions. L’intégration de Quest International est achevée et fait apparaître des économies de l’ordre de 230 millions en 2010, rentabilisant les coûts (440 millions) en moins de deux ans. Le seul bémol provient de la hausse du prix des matières premières qui obligera Givaudan a réajusté ses prix selon l’évolution du marché. Fort de ses excellents résultats, la société basée à Vernier (GE) versera un dividende de 21,50 francs (+90 ct.) début avril. Avec une croissance organique espérée de 5%, le leader mondial des parfums et arômes semble sur la bonne voie.Dans ces conditions, on peut espérer revoir les plus hauts à 1200 francs (+25%) dans les douze prochains mois.

Asea Brown Boveri(ABBN 22.4 FRS)

2010 restera comme une année de transition pour le groupe helvético-suédois. Si au premier semestre la crise a opéré, faisant plonger le bénéfice net annuel de 12% à 2,57 milliards de dollars, ce chiffre traduit mal la reprise observée surtout au dernier trimestre (+ 17% de hausse des commandes). Avec une activité pleine assurée pour les dix prochains mois, ABB se trouve à un niveau jamais atteint. De plus, la société continue sa diversification géographique et, pour la première fois en 2011, plus de la moitié du chiffre d’affaires sera réalisé dans les pays émergents. Un programme de réduction de coûts devrait aussi améliorer le bénéfice à hauteur d’un milliard supplémentaire. La seule ombre au tableau provient, là aussi, du prix des matières premières qui grignote la marge du fabricant de technologies de l’énergie.Malgré cela, la société semble bien armée pour regagner le terrain perdu sur ses concurrents et sur Siemens en particulier. Ce retournement devrait voir le titre rebondir de 30% à 30 francs pour la fin de l’année.

 

 

 

Si vous avez raté la quinzaine boursière

Le marché est toujours tiraillé entre les signes de reprise qui se manifestent lors des publications de résultats et le prix des matières premières qui risque de neutraliser cet élan conjoncturel. La hausse de 20% du pétrole ces dernières semaines s’explique moins par la crise libyenne que par la crainte d’un possible blocage du canal de Suez ou, pire encore, d’une contagion du Moyen-Orient par les nouvelles aspirations démocratiques. Ce qui est certain, au vu des chiffres publiés, c’est que l’économie va bien mieux que l’on aurait pu l’espérer il y a douze mois, à tel point qu’une hausse des taux directeurs n’est plus à exclure dans la zone euro. Si la mesure est salutaire pour des pays comme l’Allemagne, où des signes d’inflation se manifestent, elle plongerait en revanche les maillons faibles (Grèce, Espagne, Portugal…) dans une situation encore plus inextricable. Difficile, dans ces conditions, de satisfaire tout le monde. De plus, un tel scénario, en revigorant l’euro sur le marché des changes, pénaliserait les exportations. Gageons donc que cette mise en garde restera à l’état de projet, du moins tant que les matières premières continueront à être la source principale du regain d’inflation.

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