Bilan

Le visage devient un moyen de paiement

Le paiement par reconnaissance faciale est testé actuellement à Londres. Plusieurs entreprises travaillent sur ce nouveau mode de règlement dans les magasins.
Alors que le paiement sans contact avec la carte bancaire se répand en Suisse, les nouveaux modes de paiement apparaissent déjà. La carte bancaire pourrait être volée? Pas le visage. D'où le travail de nombreuses entreprises sur le paiement par reconnaissance faciale.

Comment ça fonctionne? Le client fait ses courses dans une boutique ou consomme au restaurant. Au moment de régler ses dépenses, il se présente à la caisse. Là, il devra placer son visage devant un terminal muni d'une caméra. Une fois son visage identifié, il lui restera à cliquer pour valider le paiement, réglé sur ses coordonnées bancaires. Temps requis pour payer: 5 secondes, contre 30 secondes au moins pour un paiement par carte bancaire.

Taux de reconnaissance en amélioration

«La reconnaissance faciale est la solution idéale pour les commerces très fréquentés. La reconnaissance vocale est très sensible aux bruits parasites et il est facile d’obtenir des échantillons de voix pour tromper le système. La biométrie par empreintes digitales ou scanne de la rétine sont des technologies de courte distance, ce qui limite beaucoup la facilité et l’efficacité d’usage», explique Ruslan Pisarenko, directeur commercial de la société finlandaise Uniqul, spécialiste du genre, au site internet futura-sciences.

A l'heure actuelle, la technologie Uniqul présente un taux de reconnaissance de 96%. Le terminal n'arrive pas à identifier 4% des clients. Ceux-ci doivent alors renseigner un code afin de valider le paiement. Selon Uniqul, l'objectif à l'automne 2013 est d'atteindre un taux de reconnaissance de 99,6%.

Le système pourrait s'appliquer aussi bien pour l'enregistrement des passagers dans les aéroports, les achats en boutiques, le paiement en stations-service,... comme le montre cette vidéo Uniqul qui présente les potentiels de son procédé.



PayPal se lance sur le marché

Son système est actuellement expérimenté dans plusieurs points de vente, dont des stations-service en Finlande. Mais Uniqul n'est pas seul sur ce marché. Le géant du paiement en ligne PayPal teste actuellement à Londres son système de paiement. Le principe est le même. Mais le marché est potentiellement très élevé avec l'équipement de millions de terminaux de paiement dans les points de vente à travers le monde.

Les premiers retours sur ce système semblent prometteurs: vendeurs comme acheteurs plébiscitent ce procédé, comme le montre cette vidéo.



Déjà utilisé dans certains aéroports pour les portiques de sécurité, la reconnaissance faciale présente l'avantage de l'immuabilité à travers le temps: même le vieillissement du visage ne peut porter préjudice au système qui se base sur une vaste base d'éléments faciaux pour reconnaître la personne.

Confidentialité et coût du service

Le paiement par reconnaissance faciale, s'il présente de très nombreux avantages, pose tout de même quelques questions. Certaines se situent au niveau de la conservation et de la confidentialité des données. Les récentes affaires de captation des informations par des Etats ou des entreprises rappellent la fragilité du secret des données.

Autre question: le coût. Equiper en terminaux de paiement tous les points de vente et réaliser les interfaces avec les banques aura un prix. Qui devra le supporter: vendeurs ou acheteurs? Pour Uniqul, le choix sera de mise avec un système facturant a priori le dispositif aux clients selon le rayon d'action choisi (entre 0,99€ par mois pour des achats dans un rayon de 1 à 2 km de leur habitation et 6,99€ pour des paiements dans le monde entier). Mais une possibilité sera offerte aux vendeurs de subventionner les clients pour les inciter à opter pour cette solution.
Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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