Bilan

Le vol de données chez HSBC concerne 15'000 clients

"Nous regrettons profondément cette situation et présentons nos excuses les plus sincères à tous les clients qui pourraient voir leur confidentialité menacée", a dit M. Zeller. "Nous sommes déterminés à protéger leurs intérêts et mettons tout en oeuvre pour y parvenir. C'est dans ce sens que nous contactons activement tous nos clients dont les comptes sont ouverts en Suisse", a-t-il expliqué.  Les comptes affectés ont été ouverts en Suisse avant octobre 2006, a précisé M. Zeller.

Le fisc français s'est emparé l'année dernière des fichiers de clients en possession d'Hervé Falciani, un ancien informaticien franco-italien de la banque HSBC, au grand dam de la Suisse qui garantit le secret bancaire. Selon M. Falciani, les données ont permis aux autorités françaises de dresser une liste de 3000 contribuables fraudeurs.

Commentaire de Nicolas Pinguely, journaliste à BilanY réfléchir à deux fois!Le vol de données commis par Hervé Falciani, l’ancien collaborateur français de HSBC, concerne finalement 24'000 clients ou anciens clients de la banque HSBC. Un chiffre conséquent qui se décompose comme suit: 15'000 clients actuels et 9000 personnes ayant clôturé leur compte avant octobre 2006, date à laquelle les agissements de l’informaticien indélicat ont cessé. La manière dont il s’y est pris pour réaliser ce vol n’est pas encore clairement établie, reconnaît l’établissement. Point positif cependant, les agissements d’Hervé Falciani ont cessé bien avant qu’il ne quitte la banque anglo-asiatique, soit le 22 décembre 2008. Cela démontre que les 100 millions de francs investis par HSBC ces dernières années pour renforcer ses systèmes informatiques ont coupé l’herbe sous les pieds de l’informaticien français. Rien n’indique en effet qu’il ne se serait arrêté avant d’avoir piraté les comptes des 100'000 clients de la banque.Mais cela n’enlève rien au fait qu’une personne déterminée, aux intentions malveillantes, a pu frapper au cœur d’une banque suisse. L’image de discrétion de l’établissement privé HSBC est durablement écornée. Tout comme l’est l’image de la Suisse. L’informatisation rendue nécessaire pour répondre aux exigences de contrôle et de gestion pointues des comptes a démontré sa principale limite, à savoir celle de pouvoir s’appuyer sur un personnel sans faille. Un personnel rompu à la discrétion qui constitue l’un des derniers atouts des banques suisses, au moment où le secret bancaire s’affaiblit. Cela ne restera pas sans conséquences sur le recrutement bancaire. Il y a fort à parier que les banques y réfléchissent à deux fois avant de permettre à un employé fraîchement engagé à l’étranger d’occuper un poste sensible en termes de confidentialité. Rien de moins.

 

 A lire aussi: Bloomberg: HSBC’s Private Bank Reports Data Theft on 15,000 Swiss Accounts.Bilan: « La culture de la confidentialité, ça ne s’achète pas »Bilan: Secret Bancaire: Les fonctions et profils bancaires à risque en 2010.

 

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