Bilan

Les actions africaines pourraient doubler sur cinq ans

Après les BRIC, les marchés d’Afrique subsaharienne attirent les investisseurs pour leur potentiel quasi intact.

Alors que les marchés émergents font désormais partie intégrante des portefeuilles, les investisseurs sont à la recherche de nouveaux horizons de placement. A cet égard, les actions d’Afrique subsaharienne recèlent un potentiel que l’on ne trouve plus dans les actions des marchés plus sophistiqués. Depuis une dizaine d’années, les économies du continent ont connu une croissance de 5 à 6%. Et les produits pour investir dans la région se multiplient, en vue de prendre part à l’essor local des entreprises, de l’urbanisation et de la nouvelle classe de consommateurs. Des fonds classiques et des hedge funds qui y investissent parviennent à dégager des rendements élevés sans devoir recourir à l’effet de levier. Les secteurs se diversifient: on peut investir aussi bien dans les actions de fabricants de biens de consommation courante que dans des sociétés de construction, devenues aussi intéressantes que les traditionnels titres liés au secteur minier africain.

«L’Afrique représente 30% de la population mondiale, 30 à 35% des ressources mondiales, 3% du PIB mondial, et seulement 2% des volumes de négoce en actions», explique Anton Schaad, gérant de l’African Dawn Fund chez Hyposwiss Private Bank. Son fonds gagne 6% depuis le début de l’année, surperformant légèrement le MSCI Frontier Market Index. Il a été lancé en décembre 2011. A 105 dollars l’action, il prélève des commissions de gestion et d’administration de 1,8% par an. Il se concentre sur le Nigeria (32% de l’allocation), le Kenya (23%), l’Afrique du Sud (11%), mais aussi le Botswana, le Ghana et la Zambie. Pour le reste, Anton Schaad prend une exposition à ces pays à travers des actions de sociétés britanniques et canadiennes très actives sur le continent noir. «Les nouveaux dirigeants d’entreprises en Afrique sont mieux formés et mieux informés», estime le gérant d’Hyposwiss. Cela, de même que les réformes politiques et économiques que connaissent ces pays, favorise une amélioration des standards de gouvernance.

Un potentiel mal exploité

Le potentiel d’appréciation des actions africaines se mesure au poids plume de ses marchés actions, qui représentent seulement 1% de la capitalisation mondiale, même en incluant l’Afrique du Sud. «Il existe une disproportion évidente entre le potentiel de ce continent et les investissements qui y sont faits, estime Anton Schaad. Je pense que les marchés dans lesquels j’investis vont doubler (performance de 100%, ndlr) ces cinq prochaines années.» Les entreprises cotées sont souvent détenues, en majorité ou en minorité, par des multinationales, à l’instar de Nestlé Nigeria ou de Nigerian Breweries, un brasseur nigérian qui appartient à 52% à Heineken. Anton Schaad évoque une société de microfinance du Botswana détenue par des fonds de pension. «La présence d’un actionnariat privé international garantit aussi des standards de gouvernance proches des pays développés.»

L’Afrique subsaharienne devrait connaître encore une croissance de 5 à 6% par an ces cinq prochaines années.  «On estime que la moitié des 25 économies qui croîtront le plus vite ces cinq prochaines années sont africaines», écrit Jamie Allsopp, gérant du fonds Insparo Africa Equity Fund, lancé en février 2011 à Londres. Pour acquérir une exposition à l’Afrique du Sud, on peut acquérir l’ETF de iShare, MSCI South Africa. «Il s’agit d’un tracker de l’indice sud-africain», précise Raphael Anchisi, responsable de la sélection des fonds auprès de Bordier & Cie. L’avantage de cet ETF est son faible coût: un TER de 0,74%. Pour une exposition panafricaine, Raphael Anchisi recommande le fonds Ashmore Africa Emerging Market, un fonds long only mais avec une liquidité mensuelle (celui d’Hyposwiss a une liquidité quotidienne). Son avantage: «C’est un fonds qui choisit des titres moins standards que ceux qu’on trouve dans les autres fonds axés sur l’Afrique.» Son TER est en revanche plutôt élevé, avoisinant 2% par an.

Crédit photo: PIUS UTOMI EKPEI/AFP

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

Du même auteur:

L'INSEAD délivre 40% de MBA en Asie
La bombe de la dette sera-t-elle désamorcée ?

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."