Bilan

Les actions qui devraient rapporter en 2014

Cette année, le marché des actions devrait progresser d’environ 10%, soit la moitié moins que l’excellent cru 2013. Nos conseils, par secteur et par pays, afin d’en profiter au maximum.
  • Picsou sur sa montagne d’or: Walt Disney est un bon placement aux Etats-Unis.

    Crédits: Dr
  • Fernando Martins Da Silva, de la BCV, prédit une croissance des bénéfices «entre 5 et 7%».

    Crédits: Dr
  • L’action Novartis est plus intéressante à l’achat qu’une Nestlé dont le prix reste assez élevé.

    Crédits: Nasa

Après les pactoles réalisés durant toute l’année 2013, les bourses continuent de sourire. Elles ont regagné ce qu’elles possédaient en 2007.

Le contexte encourage en effet la prise de risque et incite les investisseurs à acheter des actions. L’environnement de taux d’intérêt bas et la faible inflation, maintenue sous contrôle par les politiques des banques centrales, dopent aussi les mouvements de ces titres. Le marché des obligations n’a que peu d’attrait en ce moment, seuls quelques actifs sortent du lot.

De nombreux analystes recommandent la classe des actions, car ils prévoient une belle année 2014. Pour la plupart, la situation internationale ne devrait pas empirer cette année. Elle pourrait même s’améliorer légèrement par rapport à 2013. La croissance des bénéfices des sociétés s’annonce également favorable.

«Cette classe d’actifs détient le plus grand potentiel haussier. Pour 2014, nous prévoyons une croissance de près de 10% du marché mondial des actions», confie Jérôme Schupp, responsable de la recherche à la Banque Syz & Co. Les spécialistes s’attendent à des performances boursières moins extraordinaires que les deux années précédentes. Petit tour de la planète pour anticiper 2014.

1. Quelles régions privilégier?

En 2013, les performances, excellentes, affichent deux chiffres. Au final, peu de régions ont réalisé de mauvais résultats, à l’exception des zones émergentes, qui constituent une grande déception. «Nous recommandons d’être très tactique et de soigner particulièrement son niveau d’entrée dans le marché.

Les trois quarts de hausse des marchés actions proviennent d’une mise à jour des ratings des titres. Comme nous avons atteint à nouveau les niveaux moyens des années 2005 à 2007, la croissance boursière devrait être plus en ligne avec celle des bénéfices. Cette dernière est attendue entre 5 et 7% pour l’an prochain et la croissance des dividendes à quelque 2%», confie Fernando Martins Da Silva, responsable de la politique de placement de la BCV.

Les déficits des balances commerciales de certains pays rendent les bourses nerveuses. Si on a le goût du risque, l’Asie regorge d’opportunités, à condition d’être très sélectif. Si l’on a un profil plus classique, le Vieux-Continent européen est en route pour un rattrapage de croissance. Les grandes entreprises qui l’habitent peuvent encore surprendre plus d’un investisseur.

Suisse: le défensif garde la cote

L’idée consiste à investir dans les grandes entreprises avec un rapport rendement-risque intéressant. Le secteur défensif constitue une bonne opportunité, avec des titres pharmaceutiques comme Novartis et Roche.

Les classiques Adecco, Clariant et Georg Fischer également. «Vous pouvez garder une position de 10 à 20% dans les petites et moyennes capitalisations. Ces actions un peu plus risquées offrent un meilleur potentiel que les grandes sociétés», confie le responsable de la politique de placement de la BCV.

Europe: jouer la reprise

«Tous les indices macroéconomiques indiquent que l’Europe est sortie de la récession, relève Olivier Müller, analyste de Credit Suisse. Au premier trimestre 2014, il faudra considérer la réduction des achats de dette souveraine par la Réserve fédérale (tapering), les discours budgétaires et ceux concernant le plafond de la dette. Leurs effets pourraient influencer les bourses. Les actions européennes sont les plus retardataires en termes de croissance boursière avec environ 15% depuis le début de l’année.»

Après consolidation, l’économie devrait reprendre le chemin de la croissance avec un redémarrage plus fort que dans d’autres régions du globe.

L’Allemagne constitue le pays qui affiche les meilleurs indicateurs grâce à son caractère cyclique et à son secteur des exportations. Les régions périphériques du sud affichent de bons résultats ces derniers mois. L’Italie et l’Espagne profitent en effet d’un ensemble de bonnes annonces.

Le continent présente donc une belle opportunité, car les valorisations sont relativement modestes. «Les investissements sont de retour dans la zone européenne de manière massive depuis cet été. On constate un certain engouement, même si la reprise est encore modeste et le chômage très présent. Il peut être intéressant de placer son argent avec une perspective à deux ans», observe Fernando Martins Da Silva.

Les secteurs qui répondent positivement à une relance sont dignes d’attrait pour un investisseur. Typiquement, il s’agit de l’industrie, des biens d’équipement et de l’IT. Ainsi, l’éditeur de logiciels SAP continue d’offrir de belles perspectives.

«Dans les technologies, nous privilégions les secteurs du software et des semi-conducteurs, car ces branches sont directement liées au développement des entreprises. Par exemple, nous étudions des titres comme ABB, Alstom, Schneider, EADS ou encore HeidelbergCement», explique encore Olivier Müller.

Selon l’analyste de Credit Suisse, les financières se distinguent plutôt du côté des assurances (Allianz). Les télécoms et les utilitaires restent en retrait. En général, elles ont tendance à moins bien performer dans le contexte actuel.

Etats-Unis: les grandes valeurs encore et toujours

La Réserve fédérale américaine continue d’influencer le monde entier. En revanche, ses politiques ont été largement anticipées par les indices. La bonne santé de la première puissance économique du monde draine la croissance mondiale, d’autant plus que les pressions fiscales sont moindres.

Le potentiel de hausse provient du fait qu’il y a moins de risque. La consommation se reprend, on prévoit quelque 1,5 à 2% pour 2014. Assortie d’une baisse du chômage, elle va avoir un impact sur les sociétés actives dans les technologies et la vente de détail. 

En outre, de nombreux grands investissements ont été réalisés dans le domaine industriel. John Deere et Walt Disney présentent des profils qui valent le détour.

Google et certaines de ses consœurs vedettes des nouvelles économies, ou encore Mastercard, constituent d’autres idées de placement pour la zone américaine. Les banques Goldman Sachs et Citigroup permettent une exposition dans les financières. 

Marchés émergents: prospecter avec soin

Les titres des pays émergents ont déçu en 2013. Leurs performances ont été nettement moins bonnes que dans les marchés développés et la volatilité plus grande.

Globalement, on estime leur sous-performance à quelque 30% sur trois ans. Cela contraste fortement avec une décennie de bons résultats entraînés notamment par l’essor de la Chine, grande consommatrice de matières premières dont certains pays émergents sont producteurs. 

Malheureusement, la crise financière a affecté de manière négative la croissance chinoise. Les perspectives de revenus et de profits ont été révisées à la baisse depuis quelques années. Les pays exportateurs qui profitaient de la bonne économie chinoise ont déçu les investisseurs. De même que ceux qui dépendent du commerce des matières premières, classe d’actif qui perd en bourse.

Pour tenir compte des réalités, l’Empire du Milieu a décidé de privilégier sa demande domestique et la consommation de ses ménages. Ainsi, les Etats qui font du commerce avec la Chine (Taïwan, Corée du Sud) vont profiter de cette nouvelle tendance s’ils vendent des biens de consommation ou des services. Même ralentie, la croissance chinoise s’élève tout de même à 7,5% environ!

De plus, les pays du Sud-Est asiatique, comme la Thaïlande, les Philippines ou l’Indonésie, ainsi que le Mexique bénéficient d’une consommation domestique soutenue. Leur cycle de crédit est positif.

«Ces pays sont nettement moins représentés dans l’indice global de la région, le MSCI Asia ex-Japan, plutôt composé par un groupe de pays corrélés à la conjoncture globale chinoise», confie Vincent Lagger, cogérant du JB Asia Focus Fund chez Swiss & Global Asset Management.

Ce dernier recommande également d’éviter ce qui relève des services publics, des télécommunications et de l’énergie, des secteurs dont la croissance plie sous de fortes contraintes réglementaires. En revanche, les valorisations des actions restent attractives dans les contrées émergentes. La reprise mondiale devrait influencer à la hausse ces pays, très sensibles à la conjoncture.

«Lorsque l’économie réelle s’améliore, l’Asie constitue la région qui croît le plus vite dans le monde. Si l’on veut y investir, mieux vaut être très sélectif et disséquer les résultats publiés aussi bien au niveau macroéconomique que boursier. Il faut rechercher la croissance là où elle existe réellement», explique Vincent Lagger. 

Parmi les thèmes, le e-commerce en Chine constitue une opportunité. Il connaît en effet un essor rapide avec 20 à 35% de croissance par année. Tencent, le leader chinois du social network, ou Qihy, qui propose un software sécurisé. Parmi les autres options, le secteur automobile a connu une expansion en 2009 lorsque le gouvernement a subventionné l’achat de véhicules. Des firmes comme Brilliance China et Great Wall Motors présentent de l’intérêt.

L’Inde est un cas particulier. En trois ans, le pays a perdu 25% de sa croissance articulée en dollar américain. En cause, une forte inflation et une politique monétaire très restrictive. Il affiche également toute une série de problèmes structurels et organisationnels. Des secteurs comme les banques, les cimentiers, les infrastructures sont en décroissance. 

En revanche, des entreprises en lien avec la consommation rurale ou le domaine du conseil en informatique méritent l’attention d’un investisseur.

En plus d’une certaine profitabilité, elles présentent de nombreux projets en cours (par exemple Tata, Infosys). India Tobacco Company (ITC) est un autre exemple. La société connaît une croissance annuelle de 20% malgré le ralentissement conjoncturel.

2. Quels secteurs se distinguent?

Biens de consommation: éviter les titres chers à faible potentiel

Parmi les mouvements sur le marché, les grandes valeurs de l’alimentation et des boissons quittent peu à peu leur rang de stars du marché. En effet, elles risquent de souffrir en cas de diminution de la consommation, notamment dans les pays émergents. En outre, leurs niveaux d’évaluation restent hauts et elles conservent du potentiel.

«Des titres comme Unilever, Danone, ou le secteur des alcools avec Pernod Ricard, Rémy Cointreau ou encore Heineken pourraient afficher de moins bonnes performances après plusieurs années d’excellents résultats. En effet, la croissance pour ces titres est désormais moins forte alors que leurs multiples sont élevés», relève Jérôme Schupp.

La problématique est la même pour le secteur du tabac avec l’Américain Philip Morris ou British American Tabacco dont les affaires stagnent.

Pharmaceutique: le retour d’une reine

Le secteur défensif constitue une bonne solution de placement, car il dépend moins de l’évolution des taux d’intérêt. Il revient en force depuis deux ans. Les entreprises de la branche, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, offrent des titres qui coûtent moins cher avec des rendements plus importants.

Les géants suisses, Roche et Novartis, sont des exemples parfaits. Si l’on raisonne en termes de coût d’opportunité, avec une performance de plus de 20%, Novartis est plus intéressante à l’achat qu’une Nestlé dont le prix reste assez élevé. L’allemand Bayer offre également d’intéressantes perspectives.

Banques: la capitalisation, un must

Après une grave crise en 2008 avec toute une série de recapitalisations de banques, voire de faillites, on constate une embellie. Enfin, sur le Vieux-Continent, on perçoit les premiers signaux positifs d’une consolidation de l’euro et de l’amélioration de la croissance. Aux Etats-Unis, le secteur a connu une évolution différente.

Les institutions se sont recapitalisées plus vite après l’écroulement du système financier, soutenues par une meilleure conjoncture. Globalement, les actions bancaires peinent encore en termes de rentabilité et plusieurs établissements continuent de lancer des programmes de réduction des coûts.

De plus, le domaine est très corrélé à l’évolution des taux d’intérêt. S’ils remontent, les banques de détail pourraient se démarquer, à condition qu’elles soient bien capitalisées. 

Patricia Meunier

Aucun titre

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."