Bilan

Les billets de banque suisses plus sales que les roupies

Une étude menée sur un grand nombre de devises a révélé que les billets de banque suisses sont porteurs de nombreux germes et bactéries. Les francs seraient plus contaminés que les roupies indiennes.
  • Une étude menée sur une série de monnaies à travers le monde a décelé de nombreuses bactéries et des germes sur les billets de banque. Crédits: Reuters
  • Le niveau bactériel des francs est dans la moyenne des billets selon l'étude, mais la composition intégrant des polymères favoriserait la présence des bactéries. Crédits: Reuters
  • Au contraire, les roupies en Inde présentent des niveaux de bactéries particulièrement faibles. Crédits: Reuters
  • Les dollars sont parmi les billets les plus contaminés. Crédits: AFP
  • Dans de nombreux pays de la zone euro, la contamination bactérielle est assez élevée. Crédits: Reuters
  • Les billets de kuna croates présentent quant à eux des niveaux de contamination assez faibles. Crédits: Reuters
Mais où en est la stratégie de l'argent propre? Une étude internationale sur les billets de banque de nombreux pays révèle que les coupures de francs sont porteuses de nombreux germes et de bactéries, comme le révèle 20minuten.ch.

Trois chercheurs, Habip Gedik, Thimothy A. Voss et Andreas Voss, ont passé au crible les billets de pays de la zone euro, du Canada, de la Croatie, des Etats-Unis, de l'Inde, du Maroc et de la Roumanie. Les francs «se situent dans la moyenne», selon Habip Gedik: le niveau de bactéries est inférieur à celui du leu roumain et de l'euro, mais quand même supérieur à celui des roupies indiennes.

La faute aux polymères

Les chercheurs précisent tout de même que ce résultat ne signifie pas que les Suisses soient particulièrement négligés sur le plan de l'hygiène: le matériau à partir duquel les billets sont élaborés joue un grand rôle dans la capacité des coupures à garder les bactéries et germes. «Le matériau choisi a un impact significatif sur la propagation des bactéries», assure Habip Gedik.

C'est ainsi que les roupes indiennes et les kuna croates, imprimées sur du papier, présentent des niveaux de germes bien moins élevés que les monnaies de pays plus réputés pour leur hygiène.

Les bactéries sont présentes partout

Les nouveaux billets de francs, qui devraient arriver sur le marché en 2015, pourraient être élaborés partiellement à base de polymères, selon des informations du Handelszeitung. Comme les billets roumains, soit ceux dont la teneur en bactéries était la plus élevée de l'étude. «Les pays qui optent pour les polymères doivent avoir à l'esprit cette donnée», insiste Habip Gedik.

Pas de raison de s'alarmer non plus. «On trouve des bactéries partout», explique Markus Schlumberger, microbiologiste de l'EPFZ (École polytechnique fédérale de Zurich), à 20minuten.ch. Du clavier de son ordinateur au torchon de la cuisine, elles sont partout dans la vie quotidienne. Et le chercheur d'ajouter que «de nombreuses bactéries ne présentent aucun risque pour l'être humain. Un niveau d'hygiène excessif peut même se révéler malsain car le risque de développer des allergies serait augmenté».

Précautions dans les commerces alimentaires

Pour que les billets fassent courir un risque à ceux qui les échangent, il faudrait que ces derniers portent leurs doigts à leur bouche après avoir longuement touché les billets. La seule recommandation des chercheurs, qui rappellent que la contamination bactériologique passe souvent par la nourriture, serait d'éviter que, dans les commerces alimentaires, les mêmes mains touchent les billets et les aliments.
Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."