Bilan

Les caisses de pension helvétiques ont la capacité de résister

Les performances ne sont pas reluisantes. Référence dans le domaine, l'indice LPP- 40 calculé par la Banque Pictet recule de 7,95% depuis janvier. Les actions, les obligations et les hedge funds ont réservé de mauvaises surprises. Pour ne rien arranger, des pertes sèches sont à attendre sur les produits structurés et autres dérivés sur actions proposés ou garantis par Lehman Brothers, la banque d'affaires américaine en faillite. Mais rien ne sert de paniquer. «Nos provisions pour fluctuation de valeur se trouvent à un sommet, confie le gérant d'une importante caisse de retraite de Genève. Les marchés ont connu une période faste entre 2003 et 2007. «Les réserves sont actuellement suffisantes pour résister à deux ans de crise.» Voilà pour les meilleures élèves. Toutes les caisses n'ont pas participé au festin avec la même intensité. «Un certain nombre d'institutionnels ont des réserves limitées et risquent de se retrouver en légère sous-couverture l'an prochain», estime Jacques-André Monnier, membre de la direction de IAM Asset Management. Il faut cependant savoir raison garder. Les caisses peuvent se retrouver passagèrement avec un taux de couverture négatif. «Il faut cesser d'être obsédé par ce paramètre, souligne-t-il. Les stratégies mises en place sont basées sur un horizon temps de vingt ou trente ans». Se focaliser sur les performances à court terme serait dangereux. «Assainir à tout prix les caisses lorsque les marchés reculent risque de les pousser à liquider les actions au plus bas, les empêchant de profiter des rebonds boursiers.» Selon lui, aucune mesure d'assainissement ne se justifie actuellement.

Pas le feu en la demeure

Dans la même veine, Meinrad Pittet, fondateur de Pittet Associés, rappelle que le taux de couverture est une photo de la situation à un moment donné, «équivalant à la valeur des actifs de la caisse s'il fallait les vendre». Mais ce n'est pas le cas. La mission des caisses de retraite est d'assurer le versement des rentes. «Il faut accepter des baisses passagères, les variations de marché ne m'empêchent pas de dormir», insiste-t-il. N'empêche, le taux minimum versé sur les avoirs de prévoyance risque d'être réduit à 2% voire même 1,75%. Pour finir, un gérant institutionnel assure que le récent recul des bourses n'est pas comparable au plongeon du début des années 2000. «A l'époque, le SMI avait abandonné 67%, contre 30% dans la crise actuelle.» Il n'y a donc pas le feu en la demeure. «A un moment donné, la correction offre une bonne opportunité de se positionner sur le long terme», estime Jacques-André Monnier. Le prix à payer pour dégager de la performance.

Le Bêtisier: MARCEL ROHNER, CEO de UBS, mai 2008 «Je pense que le pire est derrière nous.» L'action atteint un plancher record à 15 francs le 17 septembre 2008. Marcel Ospel avait démissionné le 1er avril. MARCEL OSPEL, président de UBS, octobre 2007 «Je n'ai pas peur de la prise de risque. Nous voulons continuer d'exploiter la banque d'affaires, ce qui exige une certaine aptitude au risque.» Le nouveau président du conseil d'administration, Peter Kurer, envisage de vendre l'unité d'affaires le 12 août 2008. AGENCE DE NOTATION STANDARD & POOR'S, juillet 2007 «L'exposition des banques européennes aux obligations liées aux prêts subprime aux Etats-Unis et la volatilité actuelle sur les marchés ne devraient pas détériorer de manière significative la solidité financière des banques européennes.»Plongeon des bourses en septembre 2008. Photo: Epargne/ © Keystone

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