Bilan

Les défis des banques privées suisses d'ici 2022

Réduire les coûts, explorer de nouveaux marchés et s'adapter aux nouvelles réglementations: les banques privées suisses, dans la tourmente ces derniers mois, vont faire face à de nouveaux défis d'ici 2022 selon une étude KPMG.
  • Les banques privées vont faire face à des défis de taille dans les dix années à venir. Crédits: Reuters
  • La fin du secret bancaire a déjà sonné le glas d'un modèle économique qui avait contribué au succès du secteur pendant de nombreuses décennies. Crédits: Reuters
  • La chute de Wegelin a constitué un traumatisme, mais aussi résonné comme un avertissement pour toute la branche. Crédits: Keystone
  • En début d'année, Lombard Odier a annoncé son changement prochain de statut: c'est un pilier des banques privées en Suisse qui évolue. Crédits: Keystone
  • La banque Pictet avait annoncé en même temps suivre une trajectoire similaire. Crédits: Keystone
  • Pour le cabinet KPMG, associé aux chercheurs de l'Université de Saint-Gall, des défis majeurs sont donc à relever dans un avenir proche pour les banques privées suisses. Crédits: Keystone
  • Plus question pour les banques privées d'accueillir des actifs dont la provenance ou la conformité avec la loi serait douteuse. Crédits: Keystone
  • Un effort sur les coûts devra aussi être mené, avec une majorité de banquiers interrogés conscients de devoir réduire les salaires de 15 à 25% dans les dix ans à venir. Crédits: Keystone
  • Pour trouver de nouveaux clients, KPMG et les auteurs de l'étude suggèrent aux responsables de banques privées suisses de se tourner vers les marchés émergents et les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) en particulier. Crédits: Reuters
  • Les dirigeants des banques privées envisagent également de s'orienter vers des clients à la tête d'un capital compris entre 1 et 5 millions de francs. Crédits: Reuters

Depuis quelques mois, les banques privées suisses sont dans la tourmente: disparition de Wegelin, changement de statut en cours chez Lombard Odier et Banque Pictet & Cie, changements dans les législations qui ont fait le succès du secteur (secret bancaire, échange automatique,...)...

Pourtant, pour KPMG et les chercheurs de l'Université de Saint-Gall, le secteur se trouve à l'aube de défis de taille. Dans leur étude publiée mardi 5 novembre, les auteurs pointent les challenges majeurs auxquels les banques privées feront face d'ici 2022.

Un volume minimal de 10 milliards de francs d'actifs

Selon les instituts spécialisés interrogés dans le cadre de cette étude, l'une des clefs de la survie des banques privées suisses résidera dans leur capacité à atteindre un volume important d'actifs sous gestion (l'étude évoque le chiffre de 10 milliards de francs), tout en réduisant leurs coûts. Pour la plupart des établissements du secteur, cela revient à doubler les avoirs.

Cette réduction des coûts, la plupart des banques privées suisses l'ont déjà intégrée. Les auteurs de l'étude assurent que la majorité des 39 établissements interrogés prévoient des baisses de 15% à 25% des rémunérations dans les années à venir. Une minorité seulement envisage un maintien voire une hausse des salaires.

Parallèlement à cette stratégie, les banques privées devront tenir compte des mutations réglementaires engagées: fin définitive du secret bancaire, mise en place probable de l'échange automatique... Plus qu'un reformatage des tailles des structures, c'est donc le modèle économique qui devra être revu.

Chercher la clientèle sur les marchés émergents







Et l'une des pistes envisagées par les instituts spécialisés comme par les dirigeants des 39 banques privées se situe à l'étranger. Plus question de se contenter d'accueillir les clients venant déposer en Suisse leurs fonds: il va falloir aller chercher les nouveaux clients dans les marchés émergents, aussi bien les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), que le Moyen-Orient, ou les cités-états de Singapour et Hong Kong, où il faudra faire face à un secteur financier déjà bien développé.

Le défi, dans ce domaine, sera de réaliser ce développement sans alourdir inconsidérément les charges, en dépit de coûts importants pour ces implantations à l'étranger.

Un pari difficile que toutes les banques privées ne sont pas prêtes à faire: 60% des établissements financiers interrogés par les auteurs de l'étude affirment vouloir se concentrer sur leurs activités centrées sur la clientèle suisse.

Portefeuille minimal et conformité avec la loi

Une clientèle qui devra évidemment présenter des gages de conformité avec la loi, afin d'éviter les risques de poursuites préjudiciables aux banques (et ne pas rééditer les ennuis de Wegelin), mais aussi disposer d'un portefeuille bien garni: 1 à 5 millions de francs, voilà le capital moyen de la clientèle sur laquelle les banques privées affirment vouloir se concentrer.

En ciblant mieux leurs clients, les banques privées suisses vont aussi tenter de personnaliser les services et de segmenter les besoins.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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