Bilan

Les fêtes d'entreprise font les frais du ralentissement de l'économie

A Paris, la célèbre Marc Jacobs Holiday Party vient d'être annulée par le styliste, en raison de la détérioration du climat financier. Ce n'est de loin pas le seul événement sacrifié sur l'autel de la récession. Surtout chez les banques. A Genève, BNP Paribas s'est alignée sur la décision de la maison mère française et a tiré un trait sur la soirée de fin d'année du personnel. A la filiale helvétique de Google, basée à Zurich, les collaborateurs seront privés cet hiver du séjour de ski que la firme organise traditionnellement pour l'ensemble des effectifs. Le premier moteur de recherche mondial enregistre pourtant toujours des résultats en hausse. Mais la firme explique qu'une telle largesse pourrait indisposer ses clients en période de crise. On se rappelle du tollé qui a suivi la cure de wellness à près de 500000 francs dont ont bénéficié des cadres du groupe américain d'assurance en faillite AIG. L'escapade avait eu lieu quelques jours après le sauvetage effectué par le Gouvernement des Etats-Unis.

Des croisières décommandées

De grandes entreprises préfèrent ainsi verser des dizaines de milliers de francs de frais d'annulation, plutôt que de maintenir les festivités. C'est ce que l'on constate chez une agence de communication événementielle genevoise. A la Compagnie générale de navigation, plusieurs croisières privées au prix moyen de quelque 4000 francs ont été décommandées. Le client doit alors payer de 30 à 50% du montant prévu, voire la totalité si la défection est annoncée moins d'une semaine à l'avance. Sans parler des frais du traiteur.

Champagne supprimé

A Zurich, Credit Suisseet Zurich Assurances ont renoncé à leur soirée programmée dans l'établissement historique Zunfthaus zur Waag. Chez UBS, la direction fait circuler des directives pour que les festivités s'inscrivent dans le cadre de mesures d'économie. A Genève, une banque privée a maintenu sa soirée mais supprimé le champagne. Les uns ont trouvé la mesure mesquine à un moment où les comptes annuels sont quasiment bouclés. Les autres se sont félicité que l'on évite l'ostentation. La tendance est partout à limer sur le budget par employé, note-t-on chez les professionnels de l'organisation. En période faste, les banques débloquent volontiers 1000 francs par personne. Des sommes qui ont fondu de 30 à 40% pour cette fin d'année. L'habileté des organisateurs consiste alors à en jeter un maximum pour un minimum de frais. Conseil: supprimer la décoration, les cocktails et rogner sur le prix des vins. En revanche, ne pas lésiner sur la qualité du repas, même si des flûtes et des pâtes remplacent les canapés au saumon et le pavé de boeuf. D'autres entreprises, comme Audemars Piguet, considèrent la fête comme une récompense pour les employés sur laquelle la conjoncture ne doit pas avoir prise. Ce qui ne l'empêche l'horloger du Brassus de freiner sur d'autres dépenses. L'entreprise vient d'annuler une opération de communication avec Quincy Jones et Claude Nobs qui devait se tenir à New York avant la fin de l'année.

Photo: Fête / © moodboard/Corbis

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