Bilan

Les fonds d'investissement durable sont petits mais prometteurs

Promouvoir l'investissement socialement responsable est devenu le nouveau cheval de bataille d'Al Gore. L'ancien vice-président des Etats-Unis, cofondateur de la société Generation Investment Management(GIM), est récemment venu à Genève cimenter un partenariat avec la banque privée LODH dans le développement durable.

Performance négative

Deux fonds d'investissement ont été présentés: le premier-né, le Generation Global Fund (environ un milliard de dollars d'avoirs), sur lequel Al Gore et son partenaire David Blood sont restés discrets car il n'est pas autorisé en Suisse, mais dont le succès a tout de même été évoqué puisqu?il devrait clôturer prochainement. Et le second, le LODH Horizon Generation Global Fund, fruit du partenariat de distribution conclu en fin d'année dernière entre GIM et LODH. Autorisé en Suisse, le montant des avoirs de ce dernier se chiffre entre 260 et 280 millions de francs mais sa performance, victime des turbulences financières, reste négative (voir infographie). D'après la société zurichoise de recherche et conseil en investissement onValues, la taille du marché suisse des fonds d'investissement durable a doublé, entre fin juin 2006 et fin juin 2007, d'un niveau de 12,4 milliards à 25 milliards. Et le secteur continue d'avoir le vent en poupe. Selon Ivo Knoepfel, directeur de OnValues, le marché suisse a continué de croître à un rythme soutenu dans la deuxième moitié de 2007. Mais en comparaison avec la valeur totale du marché suisse des fonds de placement, estimée en janvier 2008 à 583 milliards de francs par Swiss Fund Data, celle des investissements durables ne représenterait aujourd'hui qu?environ 4% du marché total.

Les fonds de pension intéressés

L'engouement croissant des investisseurs institutionnels pour le secteur devrait encore davantage le propulser. «Un nombre de plus en plus important de grands fonds de pension ont commencé à intégrer les facteurs de durabilité et de risques environnementaux dans l'entièreté de leurs portefeuilles, relève Ivo Knoepfel. En tant qu?investisseurs à long terme, ils ont réalisé que certains développements comme le changement climatique auront un impact financier sur leurs portefeuilles.» Une observation partagée par Al Gore, qui note de son côté que les clients les plus intéressés par la stratégie du Generation Global Fund sont les gérants à long terme. «La réalité de devoir prendre en considération les critères de durabilité dans le monde de l'investissement dépasse de loin la petite niche de produits d'investissement socialement responsables», ajoute encore Ivo Knoepfel. Certes, le changement d'allocation des ressources vers des investissements plus responsables ne se fera pas du jour au lendemain. Mais les institutionnels ne restent pas les bras croisés non plus: la panoplie d'initiatives qu?ils ont prises, comme les «Principles for Responsible Investment» et le «Carbon Disclosure Project», qui force les sociétés à davantage de transparence quant à leurs émissions de carbone, en sont bien la preuve. Enfin, comme le rappelle Ivo Knoepfel, les gérants et fonds de pensions signataires des «Principles for Responsible Investment», responsables de la gestion de pas moins de 10'000 milliards de dollars d'actifs, se sont engagés à intégrer les facteurs de durabilité dans la gestion de leurs portefeuilles. Un montant qui ne se résume guère à des cacahuètes. B

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